Accusé d’avoir assassiné sa mère dans la soirée du 23 février 2007 à Pamplemousses, Sen Chocalingum a comparu hier devant le juge Eddy Balancy siégeant aux Assises. La défense a réservé son droit de contre-interroger le complice présumé de l’accusé, Madunlall Noyan. Le neveu de la victime, Sadanand Chocalingum, a été appelé par la poursuite pour raconter le soir du meurtre avant d’être contre-interrogé par la défense. Les auditions reprendront lundi.
Les auditions se sont poursuivies hier dans le procès qu’intente le Directeur des Poursuites publiques (DPP) à Jeevadessen Chocalingum, plus connu comme Sen Chocalingum. Ce dernier est accusé d’avoir prémédité le meurtre de sa mère, Daivannai Chocalingum, sous les articles 215, 216 et 217 du Code criminel. Les avocats de la défense, Mes Bala Padiachy, Vidaya Jugurnath et Avineshwur Dayal, avaient prévu de procéder au contre-interrogatoire de Madunlall Noyan mais ils n’ont pu avoir une copie du « transcript » pour questionner le complice présumé du prévenu. Me Padiachy a alors réservé son contre-interrogatoire pour la semaine prochaine.
La poursuite, représentée par Mes Mohana Naidoo (Assistant DPP) et Abdool Raheem Tajoodeen (State Counsel), a appelé le neveu de la victime Sadanand Chocalingum à la barre des témoins. Celui-ci raconte que Daivannai Chocalingum est venue chez lui le 23 février 2007. Il se rappelle qu’il y avait un cyclone ce jour-là et qu’il a aidé sa tante à fermer les fenêtres. La sexagénaire est ensuite venue chez lui pour dîner et a ensuite regardé la télévision. Sadanand Chocalingum a poursuivi en disant qu’elle a dû quitter sa maison vers 20 h 30 pour rentrer chez elle, juste en face. Une bougie lui avait été confiée parce qu’il faisait sombre et qu’elle avait peur qu’il n’y ait pas d’électricité pendant la nuit.
Le lendemain matin, le témoin remarque que la porte de la maison de sa tante n’est toujours pas ouverte. « Zeneralman laport en fas mo lakaz la ouver depi li leve… Li abitie lev boner li », a expliqué le cousin de l’accusé. Il a affirmé être entré dans la maison et a cherché sa tante. « Monn trouv li lor lili ek so lipie ti pe depase », devait-il préciser. Sadanand Chocalingum a souligné que la victime n’avait pas de sous-vêtements sur elle et qu’il a alors appelé sa mère. Il a soutenu avoir nettoyé le visage de sa tante et a tiré le drap qui était sur le lit pour couvrir son corps dénudé. Le témoin a ensuite demandé à sa fille d’aller prévenir Chandragessen, l’autre fils de Daivannai Chocalingum, de la mort de celle-ci. « En tan ki l’aine, li ti bizin fer system mai linn refiz fer li », a déclaré le témoin de la poursuite. Il a toutefois fait comprendre qu’on l’a ensuite convaincu de le faire.
Me Bala Padiachy a ensuite contre-interrogé le témoin en lui posant une série de questions. Sadanand Chocalingum a fait comprendre qu’il n’y a pas de lumière dans le couloir entre sa maison et celle de la victime. Il a toutefois soutenu qu’il y avait de l’électricité ce soir-là en précisant qu’il ne sait pas s’il y en avait quand elle est partie parce qu’il était déjà au lit.
Me Bala Padiachy : Kouran deservi par mem lalign kot zot ?
Sadanand Chocalingum : Wi.
Me Mohana Naidoo : Si ena tapaz, tande depi kot ou ?
Sadanand Chocalingum : Si la fenet ou laport ouver, wi.
Me Mohana Naidoo a ensuite procédé au réexamen du témoin afin d’éclairer la Cour.
Me Mohana Naidoo : Ou ti dir mem lalign… ?
Sadanand Chocalingum : Wi mai sakenn so taket central.
Me Mohana Naidoo : Ti demann ou si tande… Mai si ena cyclonn ou pense ou pou tande ?
Sadanand Chocalingum : Non pa pou tande…
Rappelons que l’assassinat de Daivannai Chocalingum a été commis dans la nuit du vendredi 23 au samedi 24 février 2007 au domicile de la victime, alors âgée de 73 ans. L’accusé a plaidé non coupable et nie les accusations de son complice présumé Madunlall Noyan. L’enquête policière de la Major Crimes Investigation Team (MCIT) sous la supervision du CI Gérard (Chef inspector) et DI Johkoo (Detective inspector), devait mener à deux suspects : Sen Chocalingum et Madunlall Noyan. Ce dernier a été condamné à 15 ans de servitude pénale par la juge Saheeda Peeroo pour homicide en vertu de l’article 215 du Code pénal.