L’enquête préliminaire sur le meurtre de Denis Fine, un Mauricien établi en France tué par balle alors qu’il était en vacances à Maurice, s’est poursuivie hier devant la magistrate Maryse Kala-Panglose siégeant en Cour de district de Pamplemousses. Les témoignages des quatre accusés seront utilisés si l’affaire est déférée aux Assises. Les témoins de la défense seront entendus mardi.
Patrick Steeve Prinslet Serret (alias Polocco), Westley Badoodeenkhan (alias Toto), Gino Robertson (alias Batman) et Sada Curpen ont comparu hier devant la Cour de district de Pamplemousses dans le cadre de l’enquête préliminaire sur le meurtre de Denis Fine, un Mauricien établi en France tué par balle alors qu’il était en vacances à Maurice le 3 janvier 2010. Polocco répond d’une accusation de « murder » alors que les trois autres prévenus sont accusés de « conspiracy to commit murder ».
La poursuite, menée par Mes Mohana Naidoo et Vinod Rammaya, respectivement assistante du DPP et State Counsel, a « closed the case for the prosecution » hier après-midi. La magistrate Maryse Kala-Panglose a ensuite fait savoir aux accusés qu’ils pouvaient à ce stade de l’enquête préliminaire faire une déclaration à la Cour sur les charges qui leur sont reprochées. Elle a toutefois précisé que tout ce qu’ils allaient dire serait noté et utilisé si le Directeur des poursuites publiques (DPP) décide de porter l’affaire devant les Assises.
Le meurtrier présumé a commencé sa déclaration en maintenant son innocence. Polocco a avancé qu’il est en prison à la suite de « fausses accusations » de son ex-compagne Marie Christina Catherine Castor. « Se enn vanzans… Se akoz lamour ki li pe vinn fer enn fos temoiniaz kont mwa », soutenant qu’il a refusé de quitter sa femme pour venir vivre avec le témoin à charge. De plus, sa femme, a-t-il dit, aurait appris que Christina Castor attendait un enfant de lui et aurait menacé de quitter le foyer conjugal avec ses deux enfants.
Polocco a avancé qu’il a préféré quitter Christina Castor pour garder sa femme et ses deux enfants. Selon lui, le « key witness » de la poursuite était enceinte de lui mais qu’il n’a pas voulu qu’elle garde l’enfant. Une violente dispute a éclaté et Christina Castor est retournée chez son père. « Mo fer serman ki mo inosan… »
Westley Badoodeenkhan a quant à lui affirmé qu’il ne savait rien de cette affaire. « Mo anvi fer la kour, tou dimounn ek la famille Denis Fine kone ki mo pa konn nanie dan lamor Denis Fine mwa… Mo espere ki enn zour pou kapav gagn koupab-la… » a-t-il avancé. Gino Robertson a, lui, clamé son innocence. Il a allégué avoir été victime de brutalité policière et donné des « statements » à la Major Crimes Investigation Team (MCIT) sous la contrainte. « Lapolis inn agir avek lafors ar mwa ek mo finn gagn bate… Zot inn fer mwa sign enn bann lanket ki mo pa kone ki zot inn ekrir… Se pou sa ki mo dir ki mo enn inosan ladan », a-t-il soutenu.
Sada Curpen, qui répondait initialement d’une accusation de « giving instructions to commit crime » avant la requalification de la charge en  « conspiracy », a insisté qu’il est innocent dans cette affaire. « Denis Fine ti enn bon kamarad avek mwa… Li ti enn ami de la fami », a-t-il dit. Il a soutenu ne jamais avoir comploté pour tuer la victime. « Mo viktim mo nom… Sa fer 16 mois mo tousel ki dan La Bastille ek mo pa gagn mo bann drwa en tant ki présumé innocent », a-t-il plaidé.
La magistrate Maryse Kala-Panglose a ensuite demandé aux accusés s’ils comptaient faire appel à des témoins pour leur défense en vertu de l’article 52 de la District and Intermediate Courts (Criminal Jurisdiction) Act 1888. Ainsi cinq témoins seront-ils appelés pour prouver l’innocence de Polocco, quatre pour Gino Robertson et l’autre pour Sada Curpen. Quant à Westley Badoodeenkhan, il n’appellera aucun témoin pour sa défense.
Mes Rama Valayden et Rouben Mooroongapillay assurent la défense du meurtrier présumé. Mes Alwin Juwaheer, Assad Peeroo et Raouf Gulbul représentent respectivement Westley Badoodeenkhan, Gino Robertson et Sada Curpen.