Accusé de l’assassinat de son fils de onze mois, Kevin Moossa a comparu hier devant la juge Saheeda Peeroo siégeant en Cour d’assises. Le rapport d’autopsie ayant attribué la mort du bébé à une infection, les procédures ont été arrêtées. Le Directeur des Poursuites publiques a demandé l’ouverture d’une enquête judiciaire.
Kevin Moossa, un opérateur de 33 ans, s’est présenté hier devant la juge Saheeda Peeroo. Le Directeur des Poursuites publiques (DPP) lui intente un procès devant la Cour d’Assises pour l’assassinat de son fils Eloïc (âgé de onze mois) sous les articles 215,216 et 217 du Code criminel. Il a plaidé non-coupable à l’accusation.
La poursuite a fait part de sa décision d’arrêter les procédures contre le prévenu car le rapport d’autopsie de l’ancien chef du département médico-légal soutient que le jeune Eloïc Moossa est mort des suites d’une infection. Une enquête judiciaire sera initiée pour savoir la décision finale du ministère public. Les avocats de la défense, Mes Robin Ramburn et Steve Obeegadoo, ont également critiqué la façon de procéder de la Major Crimes Investigation Team (MCIT) sous la supervision du Surintendant de Police (SP) Raddhoa (décédé depuis) durant cette enquête. Ils ont mis en doute la manière dont l’ancien chef de la MCIT a obtenu des aveux de leur client lors de l’enquête.
Les conclusions de l’enquête préliminaire du tribunal de Bambous, envoyées au DPP, ont indiqué qu’il y avait assez de preuves pour déférer le procès devant l’instance criminelle de la Cour suprême. Les avocats de Kevin Moossa ne comprenaient pas pourquoi leur client plaidait non-coupable alors qu’il avait des aveux complets sur le meurtre de son fils. Ils ont donc contesté l’admissibilité des statements devant la Cour. D’ailleurs, les avocats restent perplexes sur le fait que c’est la MCIT de Curepipe et non de Port-Louis qui a pris en charge cette enquête.
Le rapport d’autopsie du Dr Abdool Khalick Mohungoo, ancien chef du département médico-légal, a attribué la mort du petit Eloïc à un oedème pulmonaire. Le légiste avait demandé un examen toxicologique qui a conclu que le bébé est mort d’une infection virale. Le ministère public a demandé l’ouverture d’une ouverture judiciaire à la Cour de district de Rivière-Noire. Kevin Moossa a passé sept mois en détention préventive.
Les faits allégués remontent au 15 octobre 2005 à Petite-Rivière. Kevin Moossa avait emménagé dans la maison de ses beaux-parents. Selon l’enquête de la MCIT, le père de la victime aurait, après une dispute avec sa belle-mère, forcé l’enfant à boire de l’eau alors qu’il était endormi. Il aurait ensuite étouffé le jeune Eloïc en le retournant sur le ventre et lui appuyant la tête. La mère du bébé Anaëlle Antanuka devait remarquer que son fils ne bougeait plus. Eloïc a été transporté d’urgence à l’hôpital Jeetoo mais les médecins devaient constater son décès.