Les trois accusés poursuivis en cour criminelle intermédiaire pour complot dans l’affaire Denis Fine, à savoir Christophe Jérôme Legrand, Patrick Steeve Prinslet Serret et Sada Curpen, ont comparu hier devant le magistrat Vijay Appadoo dans le cadre de la motion logée par Me Neelkanth Dulloo contestant la teneur des déclarations de son client Legrand à la police. Ce dernier, appelé à donner sa version des faits concernant son arrestation, a maintenu avoir été malmené par les officiers de la MCIT.
Lors de la séance d’hier, consacrée à la motion de voir dire logée par Me Neelkant Dulloo, Christophe Legrand a été appelé à donner sa version des faits concernant son arrestation par les officiers de la Major Crime Investigation Team (MCIT). L’accusé devait commencer par expliquer qu’il se trouvait à Trou-d’Eau-Douce chez sa tante quand les officiers de la MCIT ont fait irruption chez elle pour l’arrêter. Selon l’accusé, les officiers l’ont tabassé et l’ont forcé à entrer dans le véhicule. Il a raconté qu’il avait été emmené jusqu’au domicile de Louis Gino Robertson alias Batman où la police a arrêté ce dernier et sa femme pour les transporter par la suite aux bureaux de la MCIT de Curepipe. L’accusé a soutenu qu’il avait été tabassé par les officiers de police avec plusieurs objets parce qu’il ne voulait pas signer des papiers dont il ne connaissait pas le contenu. L’accusé a indiqué que suite aux coups qu’il avait pris, il avait fini par signer les documents. Il a par la suite clamé en Cour « mo innosan dan sa case la, la polis inn fer santaz ar moi ! » Concernant les propos de Christophe Legrand, selon lesquels les sept dépositions qu’il avait données à la police n’étaient pas de son plein gré, l’avocate de la poursuite, Me Mohana Naidoo, devait le confronter au fait que son avocat d’alors était au courant qu’il allait donner ses dépositions à la police et qu’il s’était entretenu avec lui avant de les donner. L’accusé a continué à nier avoir donné ses dépositions volontairement.
Louis Gino Robertson, appelé comme témoin de la défense lors de la séance de voir dire, a soutenu que Christophe Legrand avait bien été tabassé par les officiers de police lors de son arrestation. Il a ajouté qu’il avait lui aussi été tabassé. Confronté aux questions de Me Naidoo, représentant la poursuite, à l’effet qu’il était un témoin de complaisance et qu’il racontait des histoires, il a nié.
En 2012, Christophe Legrand avait fait savoir à la cour que les sept dépositions qu’il avait données à la police n’étaient pas de son propre gré. Il avait déclaré devant la magistrate Maryse Panglose-Cala avoir été malmené par les officiers de la Major Crime Investigation Team (MCIT). L’accusé avait soutenu qu’il n’avait pas été informé de ses droits constitutionnels et que les limiers de la MCIT l’avaient menacé. C’est principalement sur ces points que l’avocat de Christophe Legrand, Me Neelkanth Dulloo, débat sa motion.
Rappelons que Patrick Steeve Prinslet Serret, alias Polocco, Sada Curpen et Christophe Jérôme Legrand sont désormais poursuivis sous une charge réduite de « conspiracy to do harm to another person », sous l’article 109 de la Criminal Code (Supplementary) Act.
Au début, Patrick Steeve Prinslet Serret, Westley Badoodeenkhan (alias Toto), Gino Robertson (alias Batman) et Sada Curpen étaient sur le banc des accusés dans la première enquête préliminaire. Christophe Legrand était, quant à lui, l’un des principaux témoins à charge de l’affaire. Polocco était accusé d’avoir abattu Denis Fine d’une balle en pleine tête dans la nuit du 3 janvier 2010. La victime était sous la véranda de sa maison à Résidence Maison-Blanche, Pamplemousses, où il donnait une fête. Me Neelkanth Dulloo représente les intérêts de Christophe Legrand dans ce procès alors que Polocco a retenu les services de Me Rama Valayden. Mes Ivan Collendavelloo (SC), Gavin Glover (SC) et Raouf Gulbul représentent Sada Curpen.