Wesley Badoodeenkhan est accusé de complot dans le meurtre de Denis Fine. Sa caution a été annulée après le ruling de la senior magistrate Maryse Panglose-Cala le 1er août. Hier, le magistrat Kevin Moorghen lui a toutefois accordé la remise en liberté conditionnelle mais la poursuite a invoqué l’article 4 (4) (a) du Bail Act pour contester cette décision.
Wesley Badoodeenkhan (alias Toto) restera en détention. Du moins jusqu’à ce que la Cour suprême prenne une décision. Son avocat, Me Alvin Juwaheer, a émis une motion pour la remise en liberté conditionnelle de son client. Mais celle-ci a été rejetée par la poursuite. Le magistrat Kevin Moorghen, siégeant en Cour de district de Pamplemousses, a fixé hier dans son ruling, les conditions à la remise en liberté du prévenu. À savoir : une caution de Rs 100 000, un titre de propriété de Rs 200 000 comme garantie et une reconnaissance de dettes de Rs 1 million. Mais la poursuite a alors invoqué l’article 4 (4) (a) du Bail Act afin de contester cette décision. Au cas contraire, le prévenu aurait dû, en plus des garanties mentionnées plus haut, se présenter au poste de police le plus proche deux fois par jour et de mettre à la disposition de la police à tout moment.
Selon l’article invoqué par la poursuite, le commissaire de police ou le directeur des poursuites publiques peut, dans un délai de sept jours, introduire une demande à la Cour suprême afin d’obtenir une ordonnance annulant la décision du magistrat si celui-ci a ordonné la libération conditionnelle d’un prévenu en dépit d’une objection formulée par la poursuite.
La Cour de district de Pamplemousses a rendu son ruling sur l’enquête préliminaire instituée par le directeur des poursuites publiques (DPP) contre Patrick Steeve Prinslet Serret (alias Polocco), Westley Badoodeenkhan, Gino Robertson (alias Batman) et Sada Curpen le 1er août. La Senior Magistrate Maryse Panglose-Cala a soumis ses « findings » au DPP qui n’a pas encore fait part de sa décision. En effet, c’est à lui que revient le choix de rayer les charges ou d’intenter le procès devant l’instance criminelle de la Cour suprême.
Polocco est accusé d’avoir abattu d’une balle en pleine tête Denis Fine, un Mauricien établi en France alors en vacances à Maurice. Le crime a été commis dans la nuit du 3 janvier 2010 dans la véranda de la maison de la victime, à Résidence Maison-Blanche (Pamplemousses).
Westley Badoodeenkhan, Gino Robertson et Sada Curpen sont, eux, accusés de « conspiracy to murder ». Selon la police, le meurtre serait lié à un trafic de subutex.
Le « key witness » de la poursuite, Marie Catherine Christina Castor, est l’ex-compagne du meurtrier présumé. Selon elle, Polocco aurait reçu un appel de Sada Curpen avant le meurtre de Denis Fine. Le témoin a aussi affirmé que son amant avait en sa possession un fusil mais l’arme n’a jamais pu être retrouvée par les hommes de la Major Crimes Investigation Team (MCIT).
Dans cette affaire, Mes Rama Valayden et Rouben Mooroongapillay assurent la défense du présumé meurtrier. Mes Alwin Juwaheer, Assad Peeroo et Raouf Gulbul représentent respectivement Westley Badoodeenkhan, Gino Robertson et Sada Curpen. Mes Mohana Naidoo (assistante du DPP), Vinod Rammaya et Jagganaden Muneesamy (State Counsels) représentent, eux, le ministère public.