Sanjeev Doorgachurn, poursuivi pour avoir battu à mort Doorian Ellapen, un sexagénaire habitant Goodlands, a été condamné vendredi par la juge Gaitree Jugessur-Manna à 38 ans de prison. L’accusé avait plaidé coupable sous une charge réduite de « manslaughter ». La poursuite, représentée par Me Sohana Naidoo, réclamait 45 ans de servitude pénale.
Sanjeev Doorgachurn, 48 ans, avait plaidé coupable d’une charge réduite d’homicide. Il lui était reproché d’avoir agressé mortellement un sexagénaire à Goodlands le 10 février 2008. Les quatre différentes dépositions de l’accusé ont été lues en Cour. Dans la première, Sanjeev Doorgachurn avait déclaré que le jour des faits, il se trouvait en compagnie de son ami Rajiv Lalhang lorsqu’ils avaient décidé de ramasser des vieilles ferrailles et de les vendre pour « tras enn lavi ». S’introduisant dans une cour, ils seraient tombés nez à nez avec le propriétaire qui rentrait à motocyclette. Selon l’accusé, celui-ci l’avait insulté et menacé de rapporter le cas à la police. L’accusé n’avait pas aimé ces propos et aurait lancé à son complice qu’il fallait « touy li pou pa al gard ». À ce moment, il avait pris le casque de la victime et l’avait frappé à plusieurs reprises. Celui-ci ne respirant plus, les deux hommes auraient dissimulé le corps sous une rampe.
Cependant, dans une deuxième déclaration, l’accusé avait soutenu qu’il avait agressé mortellement la victime par vengeance, car ce dernier les avait rapportés à la police pour vol de cabris et de ferrailles. Dans cette version, l’accusé et son ami auraient attendu que la victime rentre chez elle pour la prendre par surprise. Les deux hommes se seraient alors servis de pierres pour frapper Doorian Ellapen au visage. Le chef du département médico-légal de la police, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, avait attribué le décès de la victime à une fracture du crâne.
Appelé à déposer sous serment, Sanjeev Doorgachurn avait dit regretter ce qui s’était passé. « Ti pe ramas feray pouri akoz pa ti pe gagn travay. Mo pa ti kone Ellapen so lakour sa. Mo sagrin boukou ki monn bat dimounn la, mo pa ti bizin fer sa ».
Dans son réquisitoire, Me Sohana Naidoo a réclamé une peine d’emprisonnement de 45 ans en fonction du degré de violence utilisé et des multiples blessures constatées lors de l’autopsie. L’homme de loi avait ajouté que l’accusé comptait plusieurs condamnations dans le passé, dont une pour coups et blessures causant la mort pour laquelle il avait passé dix ans en cellule. Me Steven Sohoboa, l’avocat de l’accusé, a quant à lui rappelé que l’accusé avait plaidé coupable et fait part de ses remords en Cour. De plus, celui-ci aurait plusieurs frères et soeurs, perdu ses deux parents et n’aurait jamais trouvé sa place dans la société. « I take a serious view of the fact that there was a violent attack on a vulnerable old man which resulted to death. For the reasons given above, I consider that the accused deserves a long custodial sentence », a souligné la juge.