Le procès intenté à Yavinash Lutchmun pour le meurtre de Drishtee Jeetoo, la fillette de trois ans de sa compagne, se poursuit devant les Assises avec l’audition des témoins de la poursuite. Lors de sa déposition, Garett Patteau, la propriétaire de la maison où vivaient l’accusé, la victime et la mère de celle-ci, a indiqué que le jour du drame, Drishtee ne voulait pas accompagner son beau-père à la boutique. Selon son témoignage, elle était joviale et jouait tranquillement avant l’arrivée de Yavinash Lutchmun. Quand ce dernier a voulu l’emmener à la boutique, elle aurait commencé à pleurer, ne voulant pas partir avec lui. Yavinash Lutchmun aurait insisté alors que la mère lui aurait demandé de laisser sa fille tranquille.
Garett Patteau connaissait la mère de la victime ainsi que la famille de l’accusé depuis plusieurs années. Après sa conversion réligieuse, Yavinash Lutchmun, qui était alors plutôt connu comme Ibrahim, avait cherché refuge chez Mme Patteau. Cette dernière, qui vivait seule, avait accepté d’héberger l’accusé, sa compagne et Drishtee, l’enfant de cette dernière. Le jour où ils devaient venir vivre chez elle, a-t-elle relaté en Cour, ils s’étaient rencontrés à l’hôpital de Rose-Belle et de là s’étaient dirigés vers sa maison. Tout au long du chemin, a-t-elle dit, c’est Yavinash Lutchmun qui portait l’enfant dans ses bras. Arrivée chez elle, elle devait entrer en premier pour ouvrir la porte.
Lors de l’interrogatoire mené par l’avocate de la poursuite, Me Asha Ramano-Egan, elle devait indiquer qu’elle avait entendu Drishtee pleurer et en allant s’enquérir, elle l’avait vue par terre en larmes. Quelque temps après, elle s’était rendue à Chemin-Grenier chez un proche et y avait passé quelques jours. Interrogée sur l’état de la petite fille à son retour, elle avait soutenu qu’elle avait constaté que Drishtee portait des blessures sur le ventre, l’estomac et à la tête. Lors qu’elle avait interrogé la mère sur ces blessures, l’accusé avait répondu qu’elle était tombée dans un trou. Revenant sur les événements autour de la mort de la petite fille le 14 décembre, Mme Patteau a déclaré qu’elle était joviale et jouait gaiement dans la maison ce jour-là. « Sa mère et moi étions seules à la maison avec elle, Ibrahim avait travaillé le soir la veille et n’était pas encore rentré. Drishtee chantait dans toute la maison et était heureuse », a-t-elle affirmé. Cependant, dit le témoin, à l’arrivée de son beau-père, quand ce dernier l’a tenue dans ses bras, son attitude a tout de suite changé et elle voulait venir avec elle. Quelques minutes après, Yavinash Lutchmun aurait proposé de l’emmener à la boutique pour acheter des gâteaux. La victime se serait mise à pleurer, ne voulant pas l’accompagner. À ce moment-là, la mère de la victime lui aurait demandé de laisser sa fille tranquille. Yavinash Lutchmun avait quitté la maison avec Drishtee vers 10 h 15 et ils n’étaient toujours pas rentrés à midi. « Sa mère faisait le va-et-vient sur la rue pour chercher sa fille. Li ti pe vinn folle. Ce n’est que vers 14 h qu’on a appris qu’elle avait été admise à l’hôpital », a-t-elle raconté.
Rappelons que ce boulanger de 27 ans habitant Mare-d’Albert est accusé d’avoir frappé à mort Drishtee Jeetoo dans la soirée du 14 décembre 2010 à Rivière-des-Anguilles. L’accusé avait fait la connaissance de la mère de la victime en mars 2010. Quelques semaines plus tard, ils avaient contracté un mariage religieux. Le couple a commencé à vivre sous le même toit, en compagnie de Drishtee Jeetoo, issue du premier mariage de sa mère. Malgré ses trois ans, cette dernière subissait des coups de son beau-père. Le jour du drame, l’accusé a frappé l’enfant, car elle ne cessait de pleurer. À force de recevoir des coups, la petite s’est écroulée. Paniqué, son beau-père l’a transportée à l’hôpital, mais la victime devait rendre l’âme en cours de route. Dans un premier temps, Yavinash Lutchmun a déclaré à la police que la victime avait fait une chute. Mais, le rapport d’autopsie, rédigé par le Dr Sudesh Kumar Gungadin, a attribué le décès à une rupture du foie. Le médecin a également relevé des plaies et ecchymoses sur le corps de la fillette. L’accusé ayant plaidé non coupable, le procès se déroule devant un jury.