Arrêté et inculpé du meurtre de son beau-frère le constable Ashvin Ramkhalawon, Preetish Boodhun devra attendre encore une semaine pour savoir s’il obtiendra la liberté conditionnelle. Le magistrat siégeant à la Bail and Remand Court a renvoyé le ruling au 11 juillet.
L’homme de loi de Preetish Boodhun estime que son client ne peut être privé de liberté en attendant que la police boucle son enquête. Le policier Ashvin Ramkhalawan avait été retrouvé mort  à son domicile à Roche-Terre à Goodlands. Après l’arrestation de son épouse qui a fait valoir son droit au silence, c’est le beau-frère qui a été arrêté.
Quelques jours après le meurtre d’Ashvin Ramkhalawon, le beau-frère de l’épouse de la victime, Preetish Boodhun, avait été arrêté et inculpé sous une charge provisoire de meurtre. Bien que cet employé de la CWA nie toute implication dans la mort du constable, affecté au poste de police de Plaine-des-Papayes, sa remise en liberté conditionnelle a toutefois été refusée, du fait de la tournure de l’enquête, placée sous la responsabilité de la Major Crime Investigation Team (MCIT).
L’objection de la police tient en trois points : que le suspect quitte le pays, qu’il interfère dans le déroulement de l’enquête et que sa sécurité soit menacée. Dans la motion présentée par son homme de loi pour que la liberté conditionnelle lui soit accordée, Me Eriksson Mooneeapillay soutient qu’après un premier interrogatoire de la police, Preetish Boodhun avait été autorisé à rentrer chez lui et qu’il est resté quatre jours en liberté. En outre, son passeport n’avait alors pas été confisqué par la police.
Concernant le 2e point, autrement dit l’interférence avec le déroulement de l’enquête, Me Mooneeapillay avance que plus d’un mois a passé depuis, et que la police a déjà sécurisé les preuves qui pourraient être présentées en cour. Quant à la sécurité du suspect, l’homme de loi ne voit sur ce point « aucun problème » car, dit-il, à la reconstitution des faits – et ce contrairement à ce qu’avait soutenu la police –, aucune foule hostile n’a été notée, personne ne pouvant donc constituer une menace quelconque pour la sécurité de son client. Le ruling a ainsi été renvoyé au 11 juillet.
Preetish Boodhun est actuellement détenu à la prison de Beau-Bassin. Me Mooneeapillay souligne « l’absence de preuves scientifiques » contre son client, ne laissant plus que le témoignage d’un habitant, affirmant avoir vu la voiture du suspect dans la localité un peu plus tôt le jour du drame. Pour rappel, Preetish Boodhun, époux de la soeur de Manisha Ramkhalawan, avait déjà été arrêté par la CID de Goodlands dans la nuit du meurtre, le 16 mai. Il avait cependant été autorisé à rentrer chez lui sans être inquiété davantage. Mais quelques jours plus tard, les responsables de l’enquête devaient le convoquer pour l’interroger sur la chronologie de la soirée, où le constable de police a reçu au moins trois coups de couteau, dont un en plein coeur.
Le suspect devait expliquer que ce soir-là, son épouse a reçu un coup de téléphone de sa soeur, indiquant que « Ashvin inn pike li mem ». Preetish Boodhun et son épouse, Rateesha, étant parents d’un bébé âgé de dix mois, le suspect devait dans un premier temps se rendre seul sur la « scene of crime. » Il devait ainsi être le premier à débarquer au domicile du couple, à Roche-Terre, où le constable gisait, dit-il, déjà sans vie sur le lit de sa chambre à coucher. Ce n’est qu’en constatant son décès que Preetish Boodhun aurait alors téléphoné à son épouse, lui disant : « Ashvin inn fini ».