L’on assiste en ce début de semaine à un passage à témoin dans l’enquête sur le meurtre de l’ex-Radhoa Boy Bernard Rousselin, tué d’un coup de cutter à la gorge sous l’abribus du Gymkhana Club à Vacoas mardi dernier. Depuis ce matin, le dossier est sous la tutelle du Central CID après les allégations d’« aveux forcés » et de brutalité formulées par le suspect Selven Tandrayen, 32 ans, à l’encontre de l’escouade de la Criminal Investigation Division de la Central Division.
Après cette décision entérinée au plus haut niveau des Casernes centrales, suite à une requête faite samedi par l’homme de loi du suspect, Me Raouf Gulbul, les responsables de la Criminal Investigation Division de la Central Division, dont le chef inspecteur Rajaram, devaient se rendre au QG de la police à la mi-journée pour une première séance de travail. Selon les informations disponibles, il devrait être question au premier abord d’exposer l’enquête sur le meurtre du constable Bernard Rousselin aux enquêteurs du CCID sous la responsabilité du tandem d’ACPs Pregassen Vuddamalay-Heman Jangi.
En début d’après-midi, aucune autre information au sujet de cette séance n’a transpiré des murs des Casernes centrales.
De son côté, l’avocat du récidiviste notoire Selven Tandrayen, joint par Le Mauricien à la mi-journée, a indiqué que les premiers contacts devraient être établis avec le nouveau panel d’enquêteurs dans les meilleurs délais en vue de dresser un calendrier de travail. Une des prochaines étapes devraient être un interrogatoire du suspect avec les limiers aux Casernes centrales.
Par ailleurs depuis son arrestation jeudi dernier, Selven Tandrayen, qui s’est rétracté quant à ses aveux, est toujours en cellule policière alors que sa prochaine comparution en cour est prévue en cette fin de semaine. Impliqué dans le meurtre de Steve Labonne en prison en juillet 2005, ce récidiviste notoire avait, au départ de l’enquête, indiqué avoir tué Bernard Rousselin par vengeance. Le constable affecté dernièrement au poste de police de Rose-Hill faisait partie de l’escouade qui l’avait arrêté, entre autres, pour divers vols et qui l’avait malmené à plusieurs reprises lors des arrestations.
Toutefois, le suspect habitant la région de Phoenix est revenu sur ses confessions avant l’exercice de reconstitution des faits prévu tôt samedi matin sous l’abribus du Gymkhana Club à Vacoas. Il devait avancer que ses aveux, alors qu’il n’avait pas encore retenu les services d’un avocat, avaient été obtenus à la suite d’actes de brutalité policière et de « torture ».
Rappelons que l’arme du crime demeure introuvable à ce jour. L’enquête se poursuit.