L’enquête sur l’agression mortelle du policier Bernard Rousselin, égorgé à l’arme blanche sous l’abribus en face du Gymkhana Club à Vacoas, aurait connu un coup d’accélérateur hier soir avec un appel téléphonique anonyme à la Criminal Investigation Division. Un homme au bout du fil devait affirmer aux enquêteurs qu’il était en possession d’informations cruciales pouvant contribuer à élucider ce meurtre des plus atroces.
Les sources policières approchées par Le Mauricien dans la matinée n’ont toutefois pas voulu s’aventurer à confirmer ce « call » anonyme qui aurait été reçu à la Criminal Investigation Division de Curepipe dans la soirée d’hier. L’auteur de l’appel, provenant sans doute d’un téléphone public, devait en substance indiquer aux enquêteurs que « mo kone ki sannla finn fer sa travay-la ». Les informations disponibles de sources dignes de foi devaient indiquer que cette voix masculine a balancé le nom d’un récidiviste notoire aux enquêteurs. Cet élément est susceptible de faire progresser cette enquête dans les meilleurs délais.
Depuis ce matin, avec cette piste jugée fiable, des limiers ont enclenché des descentes en vue de retrouver ce suspect. Cependant, à la mi-journée, aucune arrestation n’avait encore été effectuée.
Entretemps, la CID de Vacoas multiplie de son côté les interpellations des éventuels suspects. Trois individus, considérés comme étant de proches amis de Bernard Rousselin, ont été interrogés dans la soirée d’hier. Ils sont présentés comme étant des compagnons réguliers de beuverie de la victime. D’ailleurs, ils consommaient de l’alcool en compagnie de l’ex-Radhoa Boy dans la région de Clairfonds dans l’après-midi de mardi, soit quelques heures avant le meurtre.
Toutefois, compte tenu qu’ils étaient toujours sous l’influence de l’alcool au moment de leur interrogatoire, les trois individus étaient incapables de préciser l’heure à laquelle cette partie de beuverie a pris fin. Leur interrogatoire s’est poursuivi aujourd’hui. Dans un premier temps, un policier affecté à la Regimental Medical Unit de la Special Mobile Force avait été interpellé. L’interrogatoire de ce premier suspect, qui était impliqué dans une importante altercation avec Bernard Rousselin, n’a pas abouti. Il a été autorisé à rentrer chez lui.
D’autre part à ce matin, l’arme du crime ayant été utilisée pour égorger la victime, avec une lacération de 9 centimètres de largeur et 5 centimètres de profondeur, n’avait toujours pas été retrouvée. Les battues des hommes de la Special Mobile Force dans la région du Gymkhana Club à Vacoas dans la journée d’hier ont été vaines. Selon les sources policières, l’arme blanche recherchée pourrait bien être un cutter compte tenu de la blessure essuyée par la victime qui était affecté au poste de police de Rose-Hill.
Par ailleurs, les poignantes obsèques de ce policier présenté comme étant un « hardworker » se sont déroulées dans l’après-midi d’hier. La cérémonie funéraire a eu lieu en l’église de Sainte-Thérèse avant que le corps de la victime ne soit inhumé au cimetière Bigarra. Bernard Rousselin a eu droit à des funérailles avec les honneurs de la police avec une parade, les musiciens de la Police Band et en présence des haut gradés.