Après avoir occupé les devants de l’actualité pendant environs deux semaines, les investigations de la police sur l’affaire Gokhoola – qui a pour origine le rapt d’une fillette de huit ans la veille de la fête Maha Shivaratree – abordent désormais leur phase de closing down. En effet, l’enquête policière sur le meurtre de Vishal Doorgah, sous la responsabilité du Central CID, touche pratiquement à sa fin. Le village de Gokhoola, dont les habitants ont opposé une forte résistance à une descente policière cette semaine, restera pour sa part longtemps marqué par cet événement. Non seulement de par les circonstances entourant la mort du ravisseur présumé, mais également en raison de la vague d’arrestations parmi les habitants du village en quelques jours seulement, et aussi de la démonstration de force de la police lors de la reconstitution des faits.
Les recoupements d’informations effectuées auprès de sources aux Casernes Centrales tendent à confirmer que limiers du Central Criminal Investigation Department (CCID) complètent les dernières procédures de l’enquête qui a été au centre des discussions cette semaine. Une fois bouclé, le dossier devra être transmis au bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP) qui décidera des prochaines étapes. L’un des derniers volets qu’ont abordé les limiers du Central CID dans le cadre du lynchage du ravisseur de Gokhoola concernait l’interrogatoire de trois individus dans l’après-midi de vendredi. Tout porte à croire jusqu’ici que cette séance n’a rien donné, compte tenu du fait qu’ils ont été autorisés à rentrer chez eux.
Tout comme eux, les frères Vijay (37 ans) et Ravind Meera-Ramadu (26 ans), qui avaient été les premiers à être appréhendés, sont désormais totalement libres. En effet, aucune charge n’a été retenue contre eux lors de leur comparution en Cour de Mapou dans l’après-midi de vendredi. Les onze autres suspects, dont le constable de police Tekanand Doorgah, qui avaient été arrêtés les uns après les autres en début de semaine, ont retrouvé quant à eux la liberté conditionnelle. Ils ont dû pour cela fournir une caution de Rs 5 000 et signer une reconnaissance de dettes d’un montant de Rs 30 000 chacun.
Le petit village de Gokhoola n’a toutefois nullement digéré la vague d’arrestations déclenchée depuis lundi, serait-on tenté de dire. Au point où, dans la soirée de mercredi, certains habitants devaient tenter de faire échouer une opération policière visant à appréhender d’autres suspects habitant le village. Ils devaient monter au créneau pour dénoncer les agissements de la police, en précisant et en insistant sur le fait indéniable que le suspect Vishal Doorgah était toujours en vie au moment de son arrestation en début d’après-midi, le 10 mars, dans les parages du Morcellement VRS de Gokhoola.
Compte tenu du fort sentiment de tension ressenti en milieu de semaine, les Casernes Centrales n’ont préféré prendre aucun risque pour l’étape de la reconstitution des faits, effectuée vendredi. Compte tenu également du nombre de suspects impliqués dans cet exercice, un important contingent de police avait été déployé, faisant de cette reconstitution une opération de grande envergure. Le défilé de véhicules utilitaires de la police en direction du Morcellement VRS de Gokhoola – où Vishal Doorgah avait été retrouvé et lynché – n’est pas passé inaperçu dans ce village situé à proximité de Piton. Ainsi, cet exercice a été réalisé en présence d’une centaine éléments de la force policière, dont ceux de la Special Support Unit, spécialement dépêchés. Pour éviter une répétition de l’épisode de mercredi, le Morcellement VRS avait été bouclé par les forces de l’ordre, les habitants devant se tenir à une distance considérable de l’opération.
Par ailleurs, les hommes de loi du suspect Oumeshan Beekhary (21 ans), Mes Sanjeev Teeluckdharry et Rishi Gobinda, envisagent de présenter au moins six motions en Cour de district de Mapou. En effet, les deux avocats souhaitent obtenir les diary book entries effectuées depuis l’arrestation du ravisseur Vishal Doorgah jusqu’à sa mort à l’hôpital.
Le tandem d’avocats tentera aussi de prendre connaissance de l’intégralité du statement contenant les aveux du défunt, de son casualty report aux centres hospitaliers du Nord et de Flacq, ainsi que du rapport médical. Une motion sera également présentée pour l’OB entry et les statements des parents du défunt. Toutefois l’une des priorités des deux hommes de loi du suspect Oumeshan Beekhary reste le « dismissal of all charges inasmuch as the evidence on record does not support a charge of manslaughter ». D’autre part, Mes Sanjeev Teeluckdharry et Rishi Gobinda comptent faire parvenir une correspondance aux autorités compétentes pour la ré-institution de la National Human Rights Commission, avant d’appoint les membres du barreau, en pratique privée, qui sont prêts à y adhérer sur une base volontaire.
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