Cour suprême
  • Dans sa plaidoirie, la poursuite avance que les quatre accusés sont passibles de peines de prison variant entre 18 et 35 ans

Allybye Ayadally Domun, aussi connu comme Ally, ainsi que ses complices (Yashvir Abdoolah, Jhasbeer Banon Suffraz et Mohamad Salim Suffraz) ont tous plaidé coupable devant les Assises des accusations retenues contre eux dans le cadre du meurtre de Mohamad Reaze Nabeebux, perpétré le 15 août 2009 à Plaine-Verte.

La cour les a ainsi reconnus coupables des faits. Ally Domun est accusé d’être l’auteur du crime alors que les trois autres sont accusés d’avoir agi comme complices. Le juge Benjamin Marie-Joseph prononcera sa sentence à une date ultérieure.

Le procès intenté aux quatre accusés tire à sa fin et hier a eu lieu l’étape des plaidoiries avant la sentence. Ally Domun, qui a été reconnu coupable de “manslaughter”, est défendu par Me Shawkat Oozeer, qui a avancé que son client a eu une vie « compliquée » dès son plus jeune âge et qu’il a « dû se battre pour sa survie », n’ayant pas eu l’encadrement nécessaire. Raisons pour lesquelles, selon l’avocat, son client a commencé à commettre des délits dès l’âge de 15 ans.

Concernant cette affaire, l’homme de loi a également rappelé que l’accusé « a avoué son crime à la première opportunité » et a fait part de ses regrets. Il a aussi demandé à la cour de prendre en compte le fait que cette affaire date de 2009 et que, depuis, son client est toujours dans l’attente du verdict de la cour. Et Me Oozeer de demander une peine de prison variant de 15 à 18 ans.

Me Kishore Peertab, qui défend Yashvir Abdoolah, a pour sa part indiqué que son client, le plus jeune des protagonistes à l’époque du crime, ce dernier étant en effet âgé de 21 ans, avait décidé de suivre ses amis parce qu’il ne supportait pas qu’ils souffrent des agissements de la victime, « qui les harcelait perpétuellement ».

Pour Me Peertab, son client « was a passive participator » et devrait écoper d’un peine de prison maximum de 10 à 15 ans. Quant à Me Shameer Hossenbocus, qui défend Jhasbeer Banon Suffraz, il a rappelé que sa cliente n’était pas présente sur les lieux du crime, ajoutant qu’elle avait également un casier judiciaire vierge, avait plaidé coupable d’entrée et qu’elle a un fils de 15 ans, « qui sera privé d’une mère et d’un père ».

Animosités entre la victime et le couple

Mohamad Salim Suffraz, l’époux de Jhasbeer, est en effet lui aussi poursuivi dans cette affaire, et ce pour complicité. À l’origine du drame, le couple avait évoqué son « calvaire » entre les mains de la victime à leurs amis et du « besoin d’agir pour y mettre un terme ».

L’avocat de Salim Suffraz, Me Raj Ramsaha, devait rappeler les circonstances du drame, soit le fait que la victime avait abusé sexuellement de Jhasbeer Suffraz à plusieurs reprises et que, selon son client, il « n’y avait pas d’autre alternative » que d’agir au plus vite. L’homme de loi a de fait préconisé une peine de prison n’excédant pas 15 ans pour son client.

Des avis que ne partage pas Me Vijay Appadoo, qui représente la poursuite. Ce dernier a en effet présenté des cas de meurtre entendus devant les Assises et où les peines de prisons ont varié entre 18 et 35 ans. Il réclame de fait une punition similaire pour les quatre accusés. La sentence sera connue à une date ultérieure.

Ce drame découle d’animosités entre la victime et le couple Suffraz. Le couple, aidé de deux autres amis, avait donc décidé de prendre les choses en main pour mettre fin à son calvaire.

La victime, Reaze Nabeebux, aurait en effet mené la vie dure au couple. « Salim ti pe plore kan li rakont mwa kouma so patron, Reaze, ti pe fer dominer », avait déclaré Ally Domun dans son “statement”, ajoutant que la victime « ti pe fer galan ek fam Salim ». Selon Ally Domun, le couple avait les mains liées car Reaze Nabeebux « ti ena taper e ti pe menas pou fer zot ek zot zenfan di tor si zot port plint lapolis ».

Les quatre amis avaient alors concocté un plan pour que la victime parte à la rencontre de Jhasbeer Suffraz chez un proche, avant de se jeter ensuite sur lui. Ally Domun, qui s’était caché derrière une porte en attendant que la victime se montre, avait pris un drap qu’il avait enroulé autour du cou de la victime en vue de l’étrangler.

Une fois la victime maîtrisée, les accusés l’avaient ensuite roué de coups. Selon le rapport d’autopsie, la victime portait des blessures sur plusieurs parties du visage, bien qu’il soit décédé des suites d’une asphyxie.