Il n’aura fallu que quelques heures seulement à la CID de Goodlands pour résoudre le meurtre dont a été victime Jean-François Boismartin, âgé de 50 ans. Ce dernier a été agressé par son beau-frère, Siven Stephen Montalent (29 ans), avec un bloc de béton. Le suspect est passé aux aveux en évoquant la légitime défense. Mais l’épouse de la victime, Marie France Boismartin, ne croit pas à cette thèse.
Marie France Boismartin est revenue sur ce crime en concédant que son époux vivait séparé d’elle. « Li ti pe rest Mamzel Jeanne kot so konkubine », qui n’est nulle autre que la soeur de Siven Montalent. Depuis plusieurs jours, la situation était devenue tendue entre les deux beaux-frères, manquant même d’en venir aux mains. Selon Marie France Boismartin, son époux se serait lassé de cette situation et voulait revenir vivre avec elle. « Il est venu me voir la veille de sa mort (mardi, Ndlr) et m’a demandé de l’accompagner chez sa concubine pour récupérer ses vêtements », relate-t-elle. Dans un premier temps, elle a refusé, voulant éviter une dispute devant la porte de sa rivale. Mais sur l’insistance de la victime, elle a fini par céder. « Monn dir li selman, mo pou rest dan loto mem. » Le couple, accompagné de deux proches, se sont dirigés vers Melle Jeanne, Goodlands, dans la soirée de mercredi.
Une fois sur place, Marie France Boismartin dit être restée dans la voiture pour attendre son époux. « Monn dir li pa ale lager. Ale serss to linge trankil, to vini. » C’est la dernière fois qu’elle a vu Jean-François Boismartin en vie. Alors qu’elle était dans la voiture, quelqu’un l’a en effet informée que le quinquagénaire s’était écroulé. C’est dans la confusion qu’elle est accourue au chevet de la victime, qui était allongée sur le sol avec du sang sur lui. « Li ti pe dir Siven inn tap li. » Marie France Boismartin a alors appliqué un tissu sur les blessures de son époux pour l’empêcher de se vider de son sang, et ce alors que des volontaires alertaient les secours. La victime a été emmenée à la Mediclinic de la localité, où un médecin n’a pu que constater son décès.
De son côté, le suspect a donné une version différente à la police. Siven Stephen Montalent a en effet allégué que depuis lundi, la victime ne cessait de le « traiter de voleur », l’accusant d’avoir fait main basse sur une somme de Rs 2 000. Le suspect n’était en effet pas dans les bonnes grâces de la victime, celui-ci étant en liberté conditionnelle pour un cas de vol commis chez un avocat de Grand-Baie dans le courant de l’année. Le jeune homme a déclaré aux enquêteurs que son beau-frère était « saoul » et l’avait provoqué mercredi soir. « Il voulait quitter ma soeur et il est venu avec deux individus suspects pour m’agresser », relate-il. Ce dernier dit alors s’être saisi d’un « morceau de béton » et lui avoir assené plusieurs coups. Siven Stephen Montalent évoque cependant la légitime défense. Il a été traduit au tribunal de Pamplemousses jeudi, où une accusation provisoire d’assassinat a été logée contre lui.