Poursuivi devant les Assises pour le meurtre de sa compagne, Désiré Huberto Charles a plaidé non coupable. Le juge Fekna a écouté deux policiers hier lors du dying statement de Marie Greta Menes sur son lit d’hôpital. Les auditions se poursuivent aujourd’hui.
Le procès du meurtre de Marie Greta Menes, intenté à son compagnon Jean Désiré Huberto Charles par le directeur des poursuites publiques (DPP), s’est poursuivi hier devant la Cour d’assises. L’accusé a plaidé non coupable et a retenu les services de Me Rama Valayden, assisté de Mes Rouben Mooroongapillay, Neelkanth Dulloo et Eassen Soobramanien. Selon la police, le prévenu a immolé sa compagne. Toutefois, cette dernière a pu donner un statement sur son lit de mort.
Khemraj Jokhoo était sergent à la Criminal Investigation Division (CID) de Trou-aux-Biches quand il a pris une déposition de la victime, suite aux instructions reçues de son Divisional Commander. Appelé à témoigner hier par la poursuite représentée par Mes Mohana Naidu (Assistant DPP), Vinod Rammaya et Jihad Nazir (State Counsels), il devait expliquer que Marie Greta Menes était recouverte de bandages quand il est venu prendre sa déposition en compagnie de la Woman Police Constable (WPC) Mooroteea affectée à Plaine-des-Papayes.
Le sergent, actuellement en poste à l’Independent Commission Against Corruption (ICAC), a affirmé que la victime était éveillée et qu’il a demandé la permission au Nursing Officer Peerally pour interroger Marie Greta Menes. Toutefois, personne d’autre à part les deux officiers de police étaient présents pendant que la victime leur confiait que Jean Désiré Huberto Charles a intenté à sa vie. Khemraj Jokhoo s’explique en disant que le Nursing Officer Peerally n’était pas libre et que personne d’autre ne s’est prêté volontaire pour être témoin des propos de la victime. Une entrée en ce sens a été inscrite dans le Diary Book.
Longuement contre-interrogé par Me Rama Valayden, le témoin a indiqué que la victime n’a pu signer le statement. Elle y a toutefois apposé l’empreinte digitale de son pouce, qui n’était entouré de bandage. L’avocat principal de la défense a demandé au témoin si c’est le Divisional Commander qui lui avait demandé d’apposer son empreinte au cas où elle n’aurait pu signer mais l’officier a répondu par la négative.
Me Valayden : Il (le Divisional Commander) ne vous a pas dit quoi faire ?
Khemraj Jokhoo : Non. Il savait que j’étais un sergent de la CID et que je pouvais gérer la situation…
L’ancien sergent de la CID a toutefois souligné n’avoir jamais consigné, avant cet épisode, une dying declaration. Selon le statement de la compagne de l’accusé, ce dernier aurait jeté de l’essence sur elle et aurait fait craquer une allumette. Elle aurait également déclaré être en « danger de mort ». Khemraj Kokhoo a souligné qu’il ne sait pas où le prévenu se serait procuré l’essence. Il ne sait pas si quelqu’un a enquêté sur ce point.
La WPC Moorooteea a été appelée à la barre des témoins. Elle avait accompagné le PS Jokhoo à la Burns Unit de l’hôpital Victoria pour interroger la victime sur l’incident. Elle a soutenu ne pas être impliquée dans l’enquête et qu’elle a seulement accompagné le sergent parce qu’elle était une femme.
Jean Désiré Huberto Charles, pour sa part, nie les faits allégués et soutient s’être disputé avec la victime qui s’est ensuite immolée. Le drame s’est produit à leur domicile à Solitude le 6 mai 2006. Les auditions devant le juge Prithviraj Fekna se poursuivent aujourd’hui.