Après 72 heures d’enquête sur le terrain, la Major Crime Investigation Team (MCIT), menée part le chef inspecteur Dieudonné Gérard, est sur le sur point d’élucider les circonstances du meurtre atroce de Mina, ouvrière du Bangladesh âgée de 28 ans. Dans la nuit d’hier à ce matin, trois suspects, dont le meurtrier présumé, tous des compatriotes de la victime, venus à Maurice pour travailler sous contrat dans le secteur textile, ont été appréhendés et placés en détention policière.
À la mi-journée, Moossa Molla, 29 ans, l’homme qui aurait tranché la gorge de Mina, a été présenté devant le tribunal de Souillac sous une accusation provisoire de meurtre. Lors de son interrogatoire à la MCIT, hier après-midi, il a dénoncé deux complices, un dénommé Jamal Uddin, 29 ans, et Sulan Rari, 24 ans. Ces derniers, qui occupent le même dortoir que Moossa Molla, rejettent catégoriquement les accusations portées contre eux.
Après un premier exercice de ratissage sur le terrain au sujet des derniers contacts entretenus par la victime, qui travaillait pour le compte de la Compagnie Mauricienne de Textile de Phoenix, dans la matinée de dimanche, les enquêteurs de la MCIT devaient décider de procéder à l’arrestation de Moossa Molla. Avec la collaboration de la CID de la Southern Division, le dortoir Cadiz, occupé par le suspect, qui habite Camp-Diable, fut l’objet d’une perquisition en bonne et due forme hier en début d’après-midi.
Des objets considérés comme compromettants furent saisis, dont une SIM Pack Card et une importante somme d’argent de l’ordre de Rs 37 000. À partir de là, ce ressortissant du Bangladesh fut appréhendé et soumis à une séance de Questioning Under Warning dans les locaux de la MCIT aux Casernes centrales. Les policiers ont dû avoir recours aux services d’un interprète compte tenu de la gravité du délit et pour éliminer tout risque de confusion.
Face aux preuves accablantes, notamment un appel téléphonique à la victime dans la matinée de dimanche, soit bien avant l’heure du meurtre vers les 9 heures, Moosa Molla est passé aux aveux. Il devait confirmer dans les détails son emploi du temps dans cette matinée dominicale de même que ses relations avec Mina, la victime, jusqu’au rendez-vous fatidique de La Roche-Qui-Pleure à Gris-Gris. Les premières indications sont que le mobile du crime serait l’argent appartenant à la victime, d’où le montant de Rs 37 000 dans le dortoir. Il aurait confirmé aux limiers de la MCIT qu’il a porté le coup fatal au cou de la victime.
Le présumé meurtrier ne devait pas se contenter de faire état de son rôle. Il a dénoncé les deux autres ressortissants du Bangladesh en détention comme des complices dans cette agression criminelle. Jamal Uddin et Sumon Rari rejettent catégoriquement les accusations retenues contre eux. Ils ont été interrogés depuis très tôt ce matin séparément dans des postes de police. Il n’est à écarter qu’après leur comparution devant le tribunal de Souillac, ces deux complices présumés participent cet après-midi à une confrontation directe avec le suspect principal dans les locaux de la MCIT et en présence d’interprète. Mais à la mi-journée, aucune confirmation officielle n’était disponible.
Depuis la découverte de la dépouille ensanglantée de Mina à côté de buissons à Gris-Gris, la MCIT et la CID de la Southern Division ont conjugué leurs efforts et multiplié des sorties sur le terrain pour remonter aux suspects. La victime portait une profonde entaille au cou. L’autopsie pratiquée par le Chief Police Medical Officer, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, a attribué le décès « to a slash wound at the neck ». Un couteau de cuisine de même qu’une somme d’argent avaient été retrouvés sur les lieux du crime.
Des prélèvements d’empreinte et d’ADN des trois suspects seront soumis à un cross-matching sur les indices relevés sur les lieux du crime, dont l’arme blanche en vue de confirmer les aveux du principal suspect. Un exercice de reconstitution des faits à La Roche-Qui-Pleure, Gris-Gris, est prévu en cette fin de semaine.
L’enquête policière se poursuit.