L’enquête judiciaire instituée par le bureau du Directeur des poursuites publiques pour faire la lumière sur le meurtre de Jacques Jocelyn Veerasamy, poignardé en décembre 2013 à son domicile de Forest-Side par une fillette de 10 ans, a franchi une nouvelle étape hier. Après une semaine d’auditions, la magistrate Kadampanavasini Sockalingum-Juwaheer, siégeant au tribunal de Curepipe, a en effet soumis ses conclusions hier. Cependant, l’affaire a été traitée en toute confidentialité car le document a été envoyé directement au bureau du DPP. Ce dernier devra maintenant décider de la marche à suivre en ce qu’il s’agit des poursuites.
Contrairement à ce que l’on s’attendait, les findings de l’enquête judiciaire sur le meurtre de Jacques Jocelyn Veerasamy, qui s’est déroulé la semaine dernière “in open court”, c’est-à-dire des audiences ouvertes au public, la magistrate Sockalingum-Juwaheer a préféré cette fois traiter cette affaire en toute confidentialité. Aucune audience n’a d’ailleurs eu lieu pour rendre les conclusions, la magistrate ayant envoyé directement le dossier au bureau du DPP. Rappelons que la décision d’instituer une enquête judiciaire avait été prise suite au rapport des experts ayant examiné la jeune fille. La psychiatre Sandhya Beedassy et la psychologue Trisha Dhunnoo-Teeroovengadum, appelés comme témoins en cour, avaient ainsi déclaré qu’après avoir commis un tel acte, la fillette demeurait « calme » et agissait « de façon normale ». Selon elles, la jeune accusée ne réalisait pas l’ampleur de la situation et ce qui s’était réellement passé. Maintenant que la balle est dans le camp du DPP, ce dernier devra trancher : soit il poursuivra la jeune fille, soit il ne le fera pas.
Rappelons que le drame s’est déroulé le 11 décembre à l’impasse Derby, Forest-Side. L’accusée, âgée de 10 ans au moment des faits, aurait ce jour-là agressé mortellement son oncle, un quinquagénaire vivant sous le même toit qu’elle. Le mobile, lui, semble être le harcèlement sexuel. La victime, Jocelyn Veerasalmy, âgé de 51 ans, aurait commis des actes indécents envers l’enfant à plusieurs reprises. Cette dernière, qui avait immédiatement avoué son crime, avait en effet évoqué des cas répétés de harcèlement, y compris le jour du drame. Malgré ses protestations auprès des adultes de son entourage, elle n’aurait bénéficié d’aucune protection contre son harceleur. La fillette avait ainsi expliqué aux enquêteurs que, depuis un certain temps, Jocelyn Veerasamy multipliait les propositions indécentes à son égard ainsi que les gestes déplacés. « Li ti abitie look mwa baigne ek zour mwa », avait-elle déclaré dans ses premiers échanges avec les enquêteurs. La suspecte avait dit avoir « craqué » face au comportement désagréable de la victime. À un certain moment, son père – qui avait déjà été informé dans le passé de la situation – s’étant déjà endormi, et ce après avoir consommé de l’alcool, la fillette se serait alors saisie d’un couteau de cuisine avant de poignarder la victime au niveau du dos. Coup qui se révélera d’ailleurs fatal, Jocelyn Veerasamy s’écroulant alors sur le sol. Selon le rapport d’autopsie, l’arme avait perforé le poumon du quinquagénaire avant d’atteindre son coeur.