Le procès intenté à Willy Jonathan Jean-Louis pour l’agression mortelle de Judex Malbrook a pris fin aux Assises hier. L’accusé, qui était âgé de 29 ans au moment des faits, a plaidé coupable. Les “diary Book entries” de la police, alors qu’il était en détention, ont été produits. Il en ressort que l’accusé avait été conduit à l’hôpital Brown Sequard car il avait victime d’hallucinations en cellule. De même, après sa remise en liberté, il a continué à suivre son traitement à l’hôpital psychiatrique. Déposant en cour hier, son médecin traitant a confirmé que l’accusé souffrait de schizophrénie. Lors des plaidoiries, son homme de loi, Me José Moirt, a plaidé la clémence.
Le Main Enquiring Officer, l’inspecteur Vishal Cowlessur, avait été contre-interrogé par l’avocat de la défense, Me José Moirt, au sujet des visites de l’accusé à l’hôpital Brown Sequard, alors qu’il se trouvait en détention. L’avocat avait ainsi demandé un ajournement afin que les “diary book entries” de la police soient produites et que le médecin traitant de l’hôpital Brown Sequard soit convoqué. Ces documents ont été produits hier par le constable Veerasamy, qui a confirmé que l’accusé avait été conduit à l’hôpital Brown Sequard le 28 février 2010. Il disait entendre « la voix de sa mère » alors qu’il était en cellule. Après 10 mois, il avait obtenu la liberté conditionnelle et avait continué à suivre des traitements. Sa dernière visite remonte à août dernier, où il avait été admis deux semaines. Le Dr Ramdenee-Prayag, son médecin traitant à l’hôpital, a confirmé en cour hier que son patient souffre de schizophrénie, une maladie du cerveau qui affecte la pensée, les sentiments et les émotions, tout comme les perceptions et les comportements. Par ailleurs, l’épouse de l’accusé, Dona Jean Louis, a également déposé. S’effondrant en larmes, elle a avoué qu’elle entretenait une relation avec la victime, bien que son mari lui avait demandé à plusieurs reprises d’arrêter de le voir. Hier, elle a déclaré que son mari l’aimait « beaucoup » et « n’avait jamais été violent » avec elle. Et d’admettre que son mari s’est retrouvé dans cette  situation à cause d’elle.
Lors des plaidoiries, la Poursuite a maintenu que, bien qu’il existait des “mitigating factors” en faveur de l’accusé, la cour devrait prendre en considération qu’une personne avait perdu la vie et qu’il ne s’agissait pas d’un acte provoqué. « The victime did not taunt him immediately before the attack. The victime appeared to be drunk and did not defend himself », a souligné la Poursuite. Me Moirt s’est pour sa part attardé sur l’état de santé de l’accusé, demandant à la cour de faire preuve de clémence afin qu’une longue peine d’emprisonnement n’aggrave pas davantage sa condition mentale. L’homme de loi a fait référence à un procès similaire en Australie. Me Moirt a soutenu que l’accusé avait subi une provocation et était victime d’une « humiliation prolongée » car, bien qu’il eût mis la victime en garde sur son comportement, ce dernier lui avait fait comprendre qu’il ne cesserait pas de voir sa femme, ce qu’il faisait sous les yeux de l’accusé.
La cour a réservé son jugement. Willy Jonathan Jean Louis a passé 278 jours en “remand”. Les faits remontent au 20 février 2010. Ce soir-là, une dispute avait éclaté entre l’accusé et son épouse, cette dernière lui demandant de « partir ». L’accusé aurait alors compris que sa femme espérait ainsi profiter de son absence pour rejoindre son amant. Selon sa version, il serait sorti avant de rentrer peu avant 23h, car il n’avait aucun moyen de transport. Mais en sortant s’acheter des cigarettes, il serait tombé sur Judex Malbrook, ivre. Dans un accès de colère, il lui aurait donné un coup de poing. Ce dernier serait ensuite tombé avant de recevoir plusieurs coups de pied au visage. Son cadavre avait été découvert le lendemain à proximité de l’église St-Patrick, à Rose-Hill.