L’enquête préliminaire du meurtre de Khairoonessa Tengur s’est poursuivie hier devant le tribunal de Port-Louis Sud. Dans une déposition à la MCIT, l’accusé N°1 (un mineur) exprime des doutes quant à la participation d’Amanulah Sharil Samoon Emamdee dans cette affaire. La magistrate Nalini Senevrayar-Cundena a fixé les prochaines auditions au jeudi 8 mars.
Trois habitants de Vallée-des-Prêtres, un mineur âgé de 17 ans (alias Gros), Naseerudin Tengur (Sameem) et Amanulah Sharil Samoon Emamdee (alias Souval) se sont présentés hier devant la magistrate Nalini Senevrayar-Cunden siégeant en cour de district de Port-Louis Nord. Ils font l’objet d’une enquête préliminaire pour le meurtre de Khairoonessa Tengur, âgée de 58 ans, en décembre 2008. Les prévenus sont défendus respectivement par Mes Raouf Gulbul, Yannick Fok et Joy Seewooram et la poursuite est représentée par Me Yashoda Gopaul.
Le sergent (PS) Balgobin, posté à l’époque à la Major Crimes Investigation Team, a été appelé à la barre des témoins par le ministère public. L’agent de police a pris le statement d’Amanulah Sharil Samoon Emamdee le 13 janvier 2009. Dans sa déposition, l’accusé N°3 récuse toutes les accusations qui lui sont reprochées. Il soutient qu’il n’était pas sur la scène du crime ce soir-là. Me Joy Seewooram a interrogé contradictoirement le policier sur la déposition de son client.
Me Seewooram : Are you aware that accused N°3 maintained his innocence?
PS Balgobin : Yes.
Me Seewooram : He gave an alibi to where and with whom he was at that material time…
PS Balgobin : Yes.
Me Seewooram : Did the police took a statement from that person?
PS Balgobin : I am not aware…
L’avocat a ensuite demandé au témoin s’il est au courant que l’accusé N°1 a dit, dans une déposition, qu’il a peut être fait une erreur sur l’identité d’Amanulah Sharil Samoon Emamdee comme étant la troisième personne impliquée dans l’incident. Le sergent a répondu par l’affirmative.
Le Police Constable (PC) Auckloo de la MCIT de Port-Louis a produit un statement du plus jeune des accusés. Celui-ci fait état d’une possible erreur de sa part. « Kapav mo ti fer erer… Mo ti dir ki trwaziem dimoun-la se Souval, mai trwaziem dimoun-la ti pli long ki mwa… Li ti ena kagoul lor so figir… Souval pli kourt ki li », relève-t-il dans sa déclaration. Il affirme  ne pas connaître l’identité de la troisième personne qui était en leur compagnie.
D’autres policiers ont été appelés à témoigner, dont le PS Luchmund du Crime Record Office. Le sergent a soutenu que le fingerprint exercise n’a pas révélé les empreintes des accusés Nos 1 et 3. Des officiers de police sont venus déposer des pièces à conviction, notamment les vêtements qu’auraient portés les prévenus au moment des faits allégués.
Naseerudin Tengur, le neuveu de la victime, a quant à lui expliqué dans un statement que sa tante l’aurait reconnu et qu’elle l’a appelé par son nom. C’est ce qui l’aurait forcé à « avoy li manze ». Dans sa déposition, le prévenu avoue avoir étranglé, avec Amanulah Sharil Samoon Emamdee, la victime à l’aide d’un « tchuss ». « Nou finn ser so licou ziska li aret debat », aurait-il dit au Detective Inspector (DI) Jokhoo.
« Gros » était un collégien âgé de seulement 14 ans au moment des faits allégués. Naseerudin Tengur, soudeur de métier, était âgé de 23 ans tandis qu’Amanulah Sharil Samoon Emamdee, lui, est un marchand ambulant de 33 ans. Khairoonessa Tengur a été trouvée morte à son domicile de la rue Francis Daubin à Vallée-des-Prêtres le 22 décembre 2008. Selon le rapport du chef du département médico-légal de la police, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, la victime a rendu l’âme à la suite d’une strangulation. Le médecin légiste a trouvé que les côtes de la quinquagénaire avaient été fracturées. Le crime serait le résultat d’un larcin qui aurait mal tourné.
Les travaux reprendront le 8 mars.