En début d’après-midi hier, la police a retrouvé la voiture de Janice Farman, morte assassinée jeudi soir, en bordure de route à Trois Mamelles. Les enquêteurs estiment que les meurtriers de l’Écossaise de 47 ans ont abandonné son véhicule, une Nissan Tiida, dans la journée, sans doute après avoir appris à travers les médias que la police avait lancé un appel à témoins. Des patrouilles effectuées tôt vendredi matin à Trois-Mamelles et dans les alentours n’avaient rien donné, mais la voiture volée est apparue quelques heures plus tard. Pour ne pas éveiller les soupçons, les malfrats ont enlevé la plaque d’immatriculation avant de prendre la route. Les éléments du Scene of Crime Office (SOCO) ont inspecté l’engin pour des prélèvements d’empreintes, et par la suite celui-ci a été remorqué jusqu’au poste de police de Rose-Hill.
Plusieurs unités de la CID de la Western division ont été appelées à collaborer sur cette affaire. En début de soirée vendredi, la CID de Petite-Rivière était sur la piste d’un individu pouvant donner des informations sur ce meurtre. Pour sa part, l’ex-compagnon de la victime, Jean Baptiste M., interrogé par les hommes du surintendant Daniel Monvoisin, a été autorisé à partir après avoir consigné sa version des faits. Il affirme avoir parlé avec Janice Farman mercredi, cette dernière lui faisant part de son intention de se rendre dans son pays natal. D’ailleurs, elle avait déjà initié les démarches à ce sujet. L’Écossaise avait déclaré à son ex-partenaire qu’elle avait été victime d’un vol il y a deux semaines et que sa voiture avait été endommagée.
Les enquêteurs pensent avoir affaire à des malfrats qui ont déjà eu des démêlés avec la police dans le passé. Ils ont dressé une liste de potentiels suspects ayant un mode opératoire similaire. Les enquêteurs sont confiants de pouvoir mettre la main sur les trois malfrats dans les plus brefs délais.
Entre-temps, l’autopsie pratiquée par le Dr Sudesh Kumar Gungadin, chef du département médico-légal, assisté de son numéro 2, le Dr Maxwell Monvoisin, a attribué le décès de Janice Farman à une asphyxie suite à une compression du cou. Les malfrats n’ont pas seulement tenté de l’étouffer avec un coussin, ils ont également exercé une pression sur son cou. Ce qui, selon la police, laisse comprendre que la victime a lutté. En plus, les médecins légistes ont noté des traces de blessures sur son nez et une partie du visage.
Par ailleurs, son fils adoptif de 10 ans, qui a assisté au meurtre, a été placé en lieu sûr par la Child Development Unit (CDU). Même si son père souhaite obtenir sa garde, ce sera à la justice de décider de son sort. Les officiers ont entamé des démarches afin qu’il puisse bénéficier un suivi psychologique pour le moment, même s’il est autiste. C’est lui qui a téléphoné à une amie de la victime l’informant que « mother is dead ». Cette dernière a alors alerté la police d’Albion et elle aussi est venue au domicile de l’Écossaise à l’Avenue Bricks Empire. Les policiers ont découvert le corps de la victime sur son lit avec des traces de sang sur son visage. Malgré son handicap, l’enfant a expliqué en détail le déroulement du crime en soutenant que trois malfrats encagoulés et armés de couteaux ont fait irruption dans sa maison pour commettre un vol. Ils ont agressé sa mère avant de l’étouffer. Le trio est parti dans la voiture de la victime en emportant une télé, une console de jeux et des bijoux. L’enfant s’est mis à côté de sa maman adoptive et l’a appelée. Il a remarqué qu’elle ne respirait plus et il a composé, de mémoire, le numéro de celle qu’elle appelle affectueusement sa tante pour l’informer de la situation.