Dietman Kinsley François, alias Canard, Ricardo Perrine, plus connu comme Edley, et Louis Jonathan Thomas alias Cadena – poursuivi aux Assises pour le meurtre de Marie-Ange Milazar dans la nuit du 6 novembre 2009 – ont été condamnés à 40 ans de prison. Aussitôt la sentence prononcée, deux des accusés s’en sont pris au juge Benjamin Marie Joseph qui siégeait toujours étant donné qu’un autre procès allait être appelé. Ils ont proféré des injures et des menaces à son encontre. La police a tenté tant bien que mal de les faire sortir de la salle d’audience. Une fois dehors, la situation a dégénéré à tel point que les forces de l’ordre craignaient le pire.
Les trois accusés avaient plaidé coupable des charges d’assassinat, de viol et de sodomie qui pèsent sur eux. Ricardo Perrine avait signifié son intention de plaider non coupable à la charge de viol, et le bureau du DPP avait rayé cette charge contre lui. En prononçant la sentence hier après-midi, le juge Benjamin Marie Joseph est revenu sur les circonstances dans lesquelles Marie Ange Milazar a perdu la vie. « They were armed with knives and proceeded to steal her money and forced her to come under the bridge to satisfy their lust despite her repeated request to let her go as she was pregnant », a souligné le juge Benjamin Marie Joseph. Ce dernier a fait ressortir que Marie Ange Milazar avait été victime d’une rare violence et a subi les vices sexuels des trois accusés jusqu’à sa mort. Bien que le juge ait pris en considération le fait que les trois avaient plaidé coupable et avaient présenté leurs excuses en Cour, l’un deux avait déclaré qu’il était ce jour là sous l’influence de l’alcool et ne savait pas ce qu’il faisait ; il a toutefois indiqué que ces facteurs « cannot weigh heavily in the balance to get leniency ». Le juge a attiré l’attention sur l’importance de faire preuve de sévérité dans des crimes où « there has been wilfully taking away of life ». Dietman Kinsley François, Ricardo Perrine et Louis Jonathan Thomas ont été condamnés à 40 ans de prison pour le chef d’accusation de murder. Dietman Kinsley François et Louis Jonathan Thomas ont pour leur part écopé de cinq ans et trois ans de prison respectivement pour les charges de viol et sodomie qui pesaient également sur eux.
Aussitôt la sentence prononcée, deux des accusés s’en sont pris au juge Benjamin Marie Joseph qui siégeait toujours étant donné qu’un autre procès allait être appelé. Ils ont proféré des injures et des menaces à son endroit. La police a tenté tant bien que mal de les faire sortir de la salle d’audience. Une fois dehors, la situation a dégénéré à tel point que les forces de l’ordre craignaient le pire. L’un deux a commencé à résister aux limiers de la SSU et les esprits ont commencé à s’échauffer ; une scène qui a duré plus de quinze minutes avec les policiers essayant de les ramener à l’ordre alors que les officiers de la Cour sont sortis pour y assister. À un certain moment, les policiers ont eu recours à la force pour calmer les deux accusés qui ne cessaient de proférer des injures. Alors qu’ils étaient arrivés en Cour dans le véhicule de la SSU, il a fallu mettre à contribution la fourgonette dédiée au transfèrement des détenus pour amener les condamnés à la prison de Beau-Bassin. À noter que tous trois sont en détention depuis leur arrestation en novembre 2009.
Retour sur un crime atroce
Marie-Ange Milazar, habitante de Roche-Bois, mère de sept enfants et alors enceinte de huit mois, a été retrouvée morte le 7 novembre 2009 sous le pont du Ruisseau du Pouce, rue Labourdonnais à Port-Louis. Lors de leur interrogatoire, les suspects, tous originaires de Tranquebar, avaient avoué avoir tué la femme. Ils lui ont fait subir des sévices sexuels avant de l’étrangler et jeter son corps sous le pont de la rue Labourdonnais. Lorsque le corps de la victime a été retrouvé, les policiers avaient constaté que cette dernière, enceinte de huit mois, avait été rouée de coups et ligotée. Le rapport d’autopsie a établi qu’elle est morte étranglée à l’aide de son propre châle (ligature strangulation) et qu’elle avait au préalable subi les pires sévices. Les trois accusés avaient déclaré dans leur déposition à la police qu’ils cherchaient à se venger des prostituées et que c’étaient dans leurs habitudes de les approcher pour satisfaire leurs vices sexuels et par la suite voler leur argent.
Les faits remontent au 6 novembre 2009. Marie-Ange Milazar se trouvait aux abords du Jardin de La Compagnie à Port-Louis quand Dietman Kinsley François, Ricardo Perrine et Louis Jonathan Thomas se sont approchés d’elle. Sous la menace, elle leur aurait remis les Rs 350 qu’elle avait en sa possession. Les trois hommes se serait montrés violents par la suite et l’auraient forcée à les suivre, d’abord sous le pont du Ruisseau du Pouce, puis sous celui de la rue Labourdonnais. Après avoir ligoté ses pieds et ses mains avec des sacs en plastique et des fils de raphia, ses agresseurs l’ont violée, sodomisée, lui ont lardé le dos, la poitrine et le ventre à l’aide de deux couteaux et probablement de tessons de bouteille et l’ont rouée de coups de pieds et de poings. Ils auraient ensuite étranglé Marie-Ange Milazar, après avoir obtenu d’elle le nom d’autres prostituées opérant dans les environs. Les assassins de cette femme âgée de 42 ans, dont le corps portait également des traces de brûlures de cigarette, devaient ensuite se débarrasser du cadavre dans une bouche d’égout.