Laval Désiré Marie a été trouvé coupable du meurtre de sa belle-soeur Marie Martine Mardaymootoo avec qui il entretenait une relation extraconjugale. Le quadragénaire a été condamné hier devant la cour d’assises à 23 ans de servitude pénale. Il a tué la victime à coups de couteau le 31 mars 2008.
C’est la jalousie qui aurait poussé Laval Désiré Marie à tuer sa belle-soeur Marie Martine Mardaymootoo. Ce maçon d’une quarantaine d’années a plaidé coupable hier devant la cour d’assises. Il était poursuivi pour manslaughter sous les articles 215 et 223 du Code criminel. La juge Saheeda Peeroo a fixé en quelques heures la sentence d’emprisonnement à 23 ans.
Le procès a duré à peine deux heures avant la délibération de la juge des Assises. Désiré Marie était défendu par Me Samad Goolamally. Mes Karuna Gowry-Bhurrut (Senior State Counsel) et Selveena Adapen (State Counsel) représentaient quant à eux le ministère public. L’enquête préliminaire de la cour de district de Port-Louis Sud avait statué qu’il y avait assez de preuves pour loger l’affaire devant l’instance criminelle de la Cour suprême.
L’inspecteur Dussoy, appelé à la barre des témoins, était l’un des principaux enquêteurs dans l’enquête sur le meurtre de Martine Mardaymootoo. Il a consigné trois dépositions de Désiré Marie. L’accusé a expliqué qu’il était marié mais avait une relation extraconjugale avec sa belle-soeur. Cette relation a duré des années même après le divorce de la victime. Elle s’est alors installée avec un certain Dario. « Nou ti telman pross ki nou ti bizin pran kontak toulezour », a expliqué Désiré Marie à la police. L’accusé a d’ailleurs acheté un téléphone portable pour Martine Mardaymootoo.
Le 31 mars 2008 Martine Mardaymootoo ne répond toutefois pas aux appels de Désiré Marie. Le prévenu se rend alors à Pailles pour la voir. Par « précaution », il prend un couteau de cuisine. Le quadragénaire soutient toutefois n’avoir pas pris cette arme pour agresser la victime mais à cause des habitants du quartier avec qui il a souvent eu des problèmes.
À son arrivée, Désiré Marie demande des explications à Martine Mardaymootoo. Une dispute éclate et le quadragénaire demande à sa belle-soeur de lui rendre le téléphone portable. La victime lance alors le mobile sur le lit et se dirige vers la cuisine. « Li finn avoy deksi ek caray lor mwa… Mo finn tir mo kouto ek monn pik li », raconte Désiré Marie. Paniqué, l’agresseur retourne chez lui à Cité-Vallijee. « Se dan enn moman koler ki mo finn batt ek touy Martine. »
Selon le rapport d’autopsie du Dr Satish Boolell, ancien chef du département médico-légal, la victime a reçu sept incisions au niveau de la poitrine notamment trois coups portés au coeur. À la suite des questions de Me Samad Goolamally, l’Assistant surintendant de police (ASP) Appaya a précisé que l’accusé avait montré des remords dès le début de l’affaire.
Du banc des accusés, Désiré Marie a déclaré qu’il regrettait tous les jours ce qu’il avait fait. « Mo ti gagn doute ki li ti pe tromp mwa », a-t-il dit à la cour. « Sa touss mwa terib kan mo remazinn sa », a soutenu l’accusé qui n’a dans son casier qu’une condamnation pour illegal littering. Son avocat a soutenu dans sa plaidoirie que le quadragénaire n’était pas un homme à problème et que c’était l’amour qui l’avait poussé à commettre cet acte. Selon Me Samad Goolamally, l’accusé s’est senti provoqué quand la victime lui a sommé de sortir de sa maison. « Jealousy became extreme and he acted out of emotion and passion », a-t-il dit. Me Karuna Gowry-Bhurrut a dans son réquisitoire demandé une peine de 35 ans de prison. La peine maximale pour manslaughter est de 45 ans de servitude pénale.