Suspecté d’avoir pris part au meurtre d’un sexagénaire à Melrose, Vinesh Bandhoo a été libéré la semaine dernière. La Senior Magistrate Meenakshi Gayan-Jaulimsing siégeant à la Bail and Remand Court a rejeté l’unique point soutenu par la police qui contestait la motion présentée au nom du prévenu par son avocat, craignant qu’une fois libre, il puisse interférer avec des témoins potentiels.
La victime, Stellio Benjamin Coralie, était de retour au pays après avoir fait carrière en Grande-Bretagne et avait loué une maison à Melrose en attendant la construction de la sienne. Le sexagénaire habitait seul et recevait souvent chez lui une mineure de la localité. Ce qui a provoqué une certaine colère chez les jeunes du quartier que fréquentait la fille en question. Ils ont eu voulu un soir lui faire comprendre qu’il avait tort de recevoir chez lui leur jeune amie la nuit. Conséquence de leur acte : l’homme a été retrouvé mort à son domicile.
Une accusation provisoire d’assassinat a été logée contre Vinesh Bandhoo et ses quatre complices, sous les articles 216, 217 et 222 du Code pénal. Une fois arrêté le 24 mars, le prévenu a été placé en détention en cellule policière avant d’être transféré en prison. Lors des débats sur sa motion de remise en liberté sous caution, le sergent Bhugaloo a été dépêché pour représenter le Commissaire de police en vue de la contester. Le détenu a expliqué avoir un emploi fixe et que s’il était libéré, il irait vivre chez sa soeur à L’Espérance.
La magistrate a d’abord étudié le but de la remise en liberté. Tous les aspects ayant trait aux droits fondamentaux et à la liberté de l’individu sont évoqués dans l’article 3 (a) de la Constitution : « It is hereby recognized and declared that in Mauritius there have existed and shall continue to exist without discrimination by reason of race, place of origin, political opinions, colour, creed or sex, but subject to respect for the rights and freedoms of others and for the public interest, each and all of the following human rights and fundamental freedoms – (a) the right of the individual to life, liberty, security of the person and the protection of the law. »
Le droit de Vinesh Bandhoo à la liberté doit être analysé dans les paramètres de tout danger d’être préjudiciable à la société, a soutenu la magistrate. Aussi, ajoute-t-elle, il est du devoir de la cour de trouver un juste milieu entre le droit à la liberté de l’individu et la nécessité d’assurer la protection de la société.
La police a toutefois objecté, soutenant que le prévenu pourrait interférer avec d’éventuels témoins. Concernant ce point, la magistrate a déclaré que celle-ci vise en particulier le témoin principal, une jeune fille de 13 ans qui habite Montagne-Blanche, le quartier du suspect. Mais, note la Senior Magistrate Meenakshi Gayan-Jaulimsing, Vinesh Bandhoo a indiqué qu’il habiterait chez sa soeur à L’Espérance. De plus, un des suspects a aussi été libéré. Une interférence aurait déjà pu avoir lieu. « There seems therefore to be no impending danger of any interference with witnesses at this stage if the Applicant is released on bail », conclut-elle.
Comme conditions sa remise en liberté, le suspect : 1) devra payer une caution de Rs 100 000 ; 2) signer une reconnaissance de dettes pour Rs 300 000 ; 3) donner une adresse résidentielle à la police et l’informer de tout changement ; 4) vivre chez sa soeur jusqu’à la fin de l’affaire ; 5) ne sera pas autorisé à se rendre et vivre dans la région de Montagne-Blanche ; 6) ne doit pas avoir de contact, physique ou verbal, avec le témoin en question ; 7) restera chez lui de 18 h à 6 heures. Au cas où il doit se déplacer d’urgence pendant ce couvre-feu, il aura à contacter la police pour l’informer de la raison de son déplacement ; 8) se rapporter tous les jours au poste le plus proche de son lieu de résidence entre 06 h et 18 h, et 9) donner à la police toutes ses coordonnées pour le contacter si nécessaire.