Développement majeur dans l’enquête sur le meurtre de la ressortissante du Bangladesh Mina, retrouvée le dimanche 13 avec une profonde entaille au cou à Roche-Qui-Pleure, Gris-Gris. Hier après-midi, le meurtrier présumé et amant de la victime, Molla Moussa, est revenu sur une partie de ses confessions quant au déroulement de cette agression meurtrière. Avec sa nouvelle version consignée formellement et sous enregistrement, ce suspect a mis hors de cause ses deux compatriotes Suman Rari, 24 ans et Jamal Uddhin, 29 ans.
Depuis leur arrestation, Suman Rari et Jamal Uddhin avaient clamé leur innocence et avaient d’ailleurs présenté des alibis. De ce fait, la reconstitution des faits, qui devait se dérouler cet après-midi à Roche-Qui-Pleure, Gris-Gris, sous la responsabilité du Chef Inspecteur Dieudonné Gérard et des limiers de la Major Crime Investigation Team (MCIT), a été un one-man-show avec Molla Moussa. Les deux autres suspects sont toujours maintenus en garde à vue en attendant une décision de l’Office of the Director of Public Prosecutions.
Hier après-midi, le Main Suspect avait rendez-vous dans les locaux de la MCIT pour la confirmation de ses aveux consignés mercredi dernier et pour l’enregistrement de son interrogatoire. Véritable coup de théâtre car Molla Moussa a soutenu qu’il était seul à commettre ce crime et que les deux autres n’avaient rien à voir avec. Il aurait ajouté qu’il avait monté cette histoire contre Suman Rari et Jamal Uddhin pour se venger d’un précédent problème qu’il avait eu avec eux.
Par la suite, Molla Moussa a confirmé aux enquêteurs les circonstances de ce meurtre avec pour toile de fond une histoire d’argent et une affaire extraconjugale. Il aurait fait état des pressions exercées par Mina contre lui pour se séparer de son épouse, une ressortissante du Bangladesh, qui est également sous contrat dans une usine à Grand-Bois. Cette dernière, qui est au courant de la liaison de son mari avec Mina, avait déjà approché celle-ci pour lui demander de mettre un terme à ces contacts.
Ces nouveaux détails fournis par le meurtrier présumé sont venus complémenter les alibis fournis par Suman Rari et Jamal Uddhin depuis leur arrestation. Le dénommé Suman Rari soutient que durant le week-end des 12 et 13 juillet, il n’avait pas bougé du dortoir de Camp-Diable. Il avait reçu la visite d’un de ses cousins, qui travaille dans une autre usine dans un autre endroit. Il a donné des détails sur son emploi du temps et même les mets qui avaient été préparés à cette occasion.
Le cousin n’était reparti que le dimanche 13 juillet vers 14 h. De ce fait, Suman Rari affirme qu’il ne pouvait avoir fait le déplacement à Gris-Gris pour commettre ce crime. Le cousin en question a déjà été entendu à titre de témoin par la MCIT. Il a confirmé tous les détails fournis précédemment.
De son côté, Jamal Uddhin a fait comprendre qu’il était parti travailler dans une des foires maraîchères du Sud. « Mon ti al vann legim dan la fwar avek mo bann kamwad morisyen pou gagn enn ti-kas », aurait-il déclaré en substance lors de son interrogatoire. La confirmation de ces détails auprès des témoins à la MCIT a déjà été versée dans le dossier à charge. Dans l’immédiat, ces deux suspects ont été reconduits en cellule policière en attendant la conclusion des analyses ADN sur l’arme du crime et les autres prélèvements effectués sur le site pour décider de la marche à suivre. Des consultations préalables devront être engagées avec l’Office of the Director of Public Prosecutions pour la remise en liberté de ces deux ressortissants du Bangladesh innocentés par le meurtrier présumé.