Trois mois, jour pour jour, depuis le meurtre odieux de Mantee Murchoyea, âgée de 53 ans, découpée en treize morceaux et disposés dans six sacs en plastique avant d’être jetés dans le Bassin Cahin à Petit-Verger, Petite-Rivière, la Major Crime Investigation Team se dit confiante de pouvoir élucider cette affaire. Depuis ce matin, un quatrième suspect, Nawshad Chukowry, aussi connu sous le nom de Loulou, est entendu Under Warning en présence de son avocate, Me Devina Deonarain, dans les locaux de la MCIT alors que l’étau se resserre autour d’une dénommée Finoune, soupçonnée d’être la commanditaire de ce crime. Loulou a comparu à la mi-journée devant le tribunal de Bambous pour le délit provisoire de meurtre. D’autre part, il n’est pas à écarter dans les jours à venir que cette cinquième prévenue soit convoquée par les enquêteurs de la police pour les besoins de Questioning quant à son rôle et sa responsabilité dans les événements macabres du dimanche 23 février à Chebel, Plaine-des-Papayes et à Bassin Cahin.
Dans l’immédiat, les hommes du tandem du chef-inspecteur Gérard et de l’inspecteur Jokhoo se concentrent sur l’interrogatoire de Loulou, qui s’est rendu aux Casernes centrales, une première fois, hier après-midi, et de nouveau ce matin en compagnie de Me Assad Peeroo et de Me Deonarain. Me Peeroo a fait comprendre aux journalistes présents dans l’enceinte des Casernes centrales qu’il se retire de cette affaire vu que ses services ont déjà été retenus par un autre suspect, en la personne de Prakash Balgobin, alias Léroi, déjà en détention policière.
« J’ai pris la décision de me retirer et de laisser le soin d’assurer la défense de Loulou à Me Deonarain. J’ai pris cette décision pour éviter tout risque de conflit d’intérêts même si à ce stade, je n’en vois aucun », devait préciser l’homme de loi après avoir accompagné son client dans les locaux de la police ce matin.
Le dénommé Loulou n’est pas convoqué par la MCIT pour la première fois dans le cadre de cette enquête pour faire la lumière sur le meurtre de Mantee Murchoyea. Le nom de ce gérant d’une tabagie à Flic-en-Flac avait déjà été cité en relation avec le déroulement de ce crime sur fond de sorcellerie. D’ailleurs, il y a environ deux semaines, Nawshad Chukowry avait été appelé à participer à une parade d’identification. Mais la principale concernée, Mardaye Kalinghee, âgée de 40 ans, aussi connue sous le nom de Fille, habitant Morcellement Saint André, n’a pas été en mesure de l’identifier formellement.
« Je n’ai rien à faire dans ce crime ou encore avec ceux qui sont concernés par cette affaire. D’ailleurs, dès que j’ai appris que la police avait besoin de moi, hier après-midi, j’ai pris contact avec mon homme de loi. Je me suis fait examiner par un médecin du privé par mesure de précaution. Ensuite, je me suis rendu aux Casernes et ce matin, je suis de nouveau à la disposition de la police », a déclaré en substance Naswhad Chuckory avant de prendre les escaliers menant à l’Interrogation Room de la MCIT.
Du côté des enquêteurs de la police, l’on souligne détenir des preuves suffisantes en vue de connecter ce dernier suspect au meurtre de Mantee Murchoyea. Les éléments d’informations auraient été fournis par Cathaye Mootien, âgée de 79 ans, aussi connue sous le nom d’Ayama, lors de la séance d’interrogatoire de mardi dernier se déroulant en présence de son panel d’avocats, mené par Me Siddartha Hawoldar. Ce jour-là, Ayama avait confirmé formellement à la police qu’elle connaît le dénommé Loulou.
« Oui. Mo konn Loulou parski Léroi, Loulou ek Diana, mo ti zenfan, qui marye avek Léroi, abitie vinn sers moi dan loto pou al kot mo garson, Roches-Brunes. Mo ti fer konesans Loulou a traver Diana ek Léroi », a affirmé Ayama lors de son interrogatoire de quatre heures et demie mardi dernier.
Toutefois, Ayama devait nier avoir accompagné Loulou dans n’importe quel autre véhicule à n’importe quelle autre destination. « Non. Zame mo inn deza voyaz avec Loulou al lezot plas », devait-elle faire comprendre en donnant une description du dénommé Loulou. Il n’est pas à écarter qu’à un certain moment de l’exercice en cours une confrontation entre Ayama et Loulou soit organisée pour les besoins de procédures.
Avec le début de l’interrogatoire d’Ayama, il devient de plus en plus évident qu’une dénommé Finoune aussi bien que d’autres membres de l’entourage familial du receveur de bus soient entendus de nouveau par les enquêteurs de la police au sujet de leur emploi du temps le dimanche 23 février dernier. Mais tout semble confirmer que le meurtre de l’habitante de Petite-Rivière a été commis sur fond de jalousie, de règlement de comptes pour relations extra-conjugales et de sorcellerie.
Même si Ayama continue à rejeter de manière catégorique les accusations d’avoir assumé un rôle de premier plan dans le rituel de sorcellerie avec la complicité de Mardaye Kalinghee, sa version des faits est révélatrice à plus d’un titre. « Oui. Finoune dine deza dir moi dan lopital divan plizier fami ki sa madam so mari pe garde la pe fer li mesanste », devait faire comprendre la septuagénaire aux questions de la MCIT, mardi dernier.
Devant les éléments mentionnés de sources concordantes, la dénommée Finoune devra être convoquée tôt ou tard pour des explications à ce sujet et également sur la rancune à l’encontre de Mantee Murchoyea. A la mi-journée, aucune confirmation officielle n’était disponible quant à cette prochaine étape car la MCIT préfère boucler le volet de Loulou avant de s’attaquer à cet ultime volet de l’enquête.
Soulignons que lors de la confrontation entre Mardaye Kalinghee et Cathaye Mootien, la première nommée avait été catégorique en déclarant « Li mem mo Ate (ma tante) ! ». A cette même occasion, Mardaye Kalinghee aurait ajouté : « Li mem sa Ayama mo finn dir dan mo lanket-la. Li mem mo Ate. Kan Léroi ti amenn Mantee dan kovil, Ayama mem ti pass limon lor Mantee, ou mem ti dir moi kas koko lor so latet et dan karo kann Plaine-des-Papayes ou ti trap torche letan Loulou ek Léroi ti pe koup madam-la ».
Face à ces accusations de Mardaye Kalinghee, Ayama, qui clame son innocence, avait tout simplement déclaré : « Mo tifi, to pe koz manti. Ki fer to pe dir sa… »
Les prochains développements dans cette enquête risquent d’être aussi dramatiques que les précédents…