Seewooduth Ghoorbin est poursuivi pour le meurtre de Rajesh Nathooram. Toutefois, ses avocats ont formulé une motion suggérant qu’il ne peut faire face à un procès compte tenu de son âge. Durant l’audition des médecins qui se sont prononcés sur l’état de santé du prévenu, la poursuite a soulevé un point de droit selon lequel la motion devrait être entendue devant un jury et que c’est à eux de prendre la décision. N’étant pas du même avis, le juge Prithviraj Fekna a rejeté la motion en disant que l’audition des témoins devra se poursuivre.
Le Directeur des poursuites publiques (DPP) intente un procès à Seewooduth Ghoorbin (89 ans) pour manslaugter sous les articles 215 et 223 du Code pénal. Cet habitant de L’Escalier est représenté par le Senior Counsel Me Gavin Glover et Me Ashley Ramdass. Ses avocats ont formulé, avant même de composer le jury, une motion d’abus de procédure devant le juge Prithviraj Fekna pour le permanent stay of the proceedings. Ils sont d’avis que leur client n’est pas apte à faire face à un procès.
Une série de témoins ont été appelés par la défense et la poursuite, notamment des médecins spécialistes. Le Dr Satish Boolell a déclaré que l’octogénaire n’était pas apte à faire face à un procès. L’ancien Chief Police Medical Officer a soutenu que c’était « more than highly likely that he (Ghoorbin) was not play-acting » mais a précisé que son travail n’est pas « to detect lies » mais de donner son avis médical. Quant au Dr Lam, il dira que « if someone has memory impairment, for me, he is not fit for trial ».
Cependant, le Dr Abdullah Gopee a donné une autre version. Selon lui, l’accusé était « well oriented in time and space » et peut donc faire face à un procès. Il a examiné Seewooduth Ghoorbin à deux reprises. Les médecins qui l’examinaient ont également déduit que le prévenu est un peu dur d’oreille.
Le ministère public est représenté par Mes Sulakshna Beekarry-Sunassee (Principal State Counsel) et Shakeel Bhoyroo (State Counsel). Durant l’audition des témoins à ce stade préliminaire du procès, la poursuite a formulé une motion suggérant que la question devrait être exposée dans un voir dire. La partie civile est d’avis qu’il s’agit de choses fondées sur les faits et comme les membres du jury sont les « judges of facts », il reviendrait à eux de décider si Seewooduth Ghoorbin est apte à faire face à un procès.
Me Glover (SC) devait répliquer en disant que « ces médecins sont là pour nous aider à statuer si ce monsieur, qui dort sur le banc des accusés, peut comprendre, écouter, assimiler, analyser et donner des instructions à son avocat ». Selon l’homme de loi, il s’agit là d’une dure épreuve pour la défense.
Le juge d’Assises a donné son ruling en disant que la motion de la défense est une question relative au droit et non aux faits. « Such a matter can neither be debated before the Jury nor be left to them for decision », a soutenu le juge Fekna en rejetant la motion de la poursuite. L’audition des témoins pour la motion de la défense se poursuivra.
L’enquête policière a été menée par la Criminal Investigation Division (CID) de Plaine-Magnien. Selon le dossier de la poursuite, les faits allégués se seraient produits le 13 octobre 2010 devant le marché de L’Escalier. L’agression serait survenue après une dispute entre le Seewooduth Ghoorbin et Rajesh Nathooram pour une histoire d’ordures. L’octogénaire aurait enlevé le fourreau de sa canne épée pour transpercer le corps de la victime. Ce dernier aurait lancé une pierre à la tête de l’accusé.