Depuis hier soir, la Criminal Investigation Division de Goodlands, agissant sous la supervision de l’ACP Devanand Reekoye, tente d’élucider le meurtre du constable Ashvin Ramkhalawan (26 ans), affecté au poste de police de Plaine-des-Papayes. Cet habitant de Roche-Terre a été retrouvé sur le lit de sa chambre à coucher avec trois blessures, dont une profonde en plein coeur, infligées à l’aide d’une arme tranchante. À ce stade, la principale suspecte demeure son épouse Manisha Ramkhalawan, 26 ans également. Elle a été placée durant la nuit sous haute surveillance à l’hôpital psychiatrique de Brown Séquard.
Les informations recueillies de source policière et auprès des membres de la famille tendent à confirmer que dans un premier temps hier soir, Manisha Ramkhalawan a téléphoné à sa soeur pour lui annoncer la mort de son époux à la suite d’un suicide. La soeur de la suspecte et son époux devaient alors se rendre au domicile du couple Ramkhalawan à Roche-Terre. Entretemps, les proches du constable de police ont été informés du drame avec la principale suspecte vendant à l’entourage, comme aux enquêteurs un peu plus tard, la thèse du suicide.
Les proches parents devaient alors découvrir avec effroi le cadavre du jeune Ashvin Ramkhalawan sur le lit de sa chambre à coucher. Le défunt était vêtu à ce moment-là d’un short et d’un T-shirt. « Nou finn esey tap-tap li ek ouver so lizie me pa ti ena okenn reaksion. Bous-a-bous ousi pa ti pe marse. Se nek apre ki nou finn trouve ki matela-la finn absorb disan Ashvin. Lerla nou finn trouv plizier blesir lor li », témoignent des membres de la famille de la victime au Mauricien.
Durant tout le long de la soirée d’hier, Manisha Ramkhalawan, originaire de Stanley, Rose-Hill, tentera de maintenir la thèse du suicide auprès des enquêteurs. Elle devait affirmer qu’au cours d’une altercation verbale, le constable s’est auto infligé des coups de couteau. Mais les premiers examens du médecin légiste de la police sur le cadavre hier soir à Roche-Terre devaient trahir la version des faits de l’épouse de la victime. Le rapport d’autopsie devait plus tard attribuer la mort du policier à des suites de « stab wound » avec un coup fatal en plein coeur.
Dans ses échanges avec les enquêteurs de la police durant la nuit, la principale suspecte a présenté des troubles psychologiques avant de faire un malaise. En effet, elle a affirmé à plusieurs reprises que depuis un certain temps « mo pe rev enn fam an blan ; monn trouv sa fam an blan-la yer swar ». Durant la nuit d’hier à ce matin, elle a été admise à l’hôpital du Nord avant d’être transférée à l’hôpital psychiatrique de Brown Sequard où elle a été placée sous haute surveillance. Les hommes de la CID de Goodlands, menés par le Chief Inspector Beeharry et le sergent Ramasawmy, ont étudié toutes les pistes durant la nuit et devaient de ce fait procéder à l’arrestation du beau-frère de la suspecte — l’époux de sa soeur. Toutefois, après son interrogatoire, il a été autorisé à rentrer chez lui sans être davantage inquiété à ce stade.
Depuis ce matin, l’interrogatoire de la soeur de Manisha Ramkhalawan apporte un nouvel éclairage à cette enquête policière. Elle a soutenu que durant les dernières conversations téléphoniques avec la suspecte, cette dernière avait fait état de ses conflits avec les proches parents d’Ashvin Ramkhalawan qui habitent la même cour. « Mo pe gayn problem avek fami Ashvin, nou pa pe tro bien ! Ashvin inn dir mwa si enn zour li mor rod enn lot dimoun pou mo marye » aurait-elle confié à sa soeur. Cette version semble corroborer celle mise en exergue par l’entourage d’Ashvin Ramkhalawan. Dans des témoignages au Mauricien ce matin, les proches devaient faire état de la difficulté de la jeune femme de s’intégrer et déplorent qu’elle se met en permanence à l’écart. Et ce en dépit du fait que Manisha et son époux Ashvin partageaient pratiquement la même maison que la soeur et la mère de ce dernier.
D’autre part, un élément de taille susceptible de contribuer à l’avancement de l’enquête policière est en possession des enquêteurs depuis ce matin. En effet, l’arme du crime, un couteau de cuisine de 2 centimètres de largeur, a été retrouvée dans la maison du couple. L’arme tranchante devra faire l’objet d’analyses approfondies dans la journée d’aujourd’hui en vue de prélever des indices déterminants. Les recoupements en fin de matinée indiquent que la Major Crime Investigation Team (MCIT) du surintendant Manaram devrait prendre le relais de cette enquête à partir de cet après-midi après que les phases préliminaires auront été bouclées par la Criminal Investigation Division (CID) de Goodlands. Toutefois, aucune indication officielle n’était disponible quant au début de l’interrogatoire formel de la principale suspecte Manisha Ramkhalawan. Les sources approchées affirment que vu qu’elle a été internée à Brown Sequard, il faudra attendre un avis médical avant d’aborder cette étape. L’enquête se poursuit.