Jean Rino Clair, un Rodriguais établi à Maurice depuis les années 1990, a été reconnu coupable par le juge Benjamin Marie Joseph d’avoir causé la mort de sa compagne, Roselette Marianne, le 8 juin 2010 à Mesnil, Phoenix. Prenant en considération la gravité du délit mais tenant en compte des circonstances atténuantes en faveur de l’accusé, le juge l’a condamné à 18 ans de prison. C’est suite à une violente dispute, alors que le couple avait consommé de l’alcool, que Clair avait agressé sa compagne avec une lame de cisaille.
Jean Rino Clair, maçon de son état, a comparu devant le juge Benjamin Marie Joseph aux Assises ce matin pour prendre connaissance du verdict. Ce Rodriguais d’une cinquantaine d’années avait plaidé coupable d’une charge réduite de meurtre sans préméditation (manslaughter). Dans ses deux dépositions données au poste de police de Phoenix, Jean Rino Clair avait avoué avoir agressé sa concubine avec une cisaille défectueuse qui comportait une seule lame. Selon les dires de l’accusé, c’est suite à une dispute qu’il s’est emparé de cette cisaille pour agresser sa compagne. Il indique dans ses dépositions qu’il vivait avec elle depuis l’an 2000 et qu’ils se disputaient souvent à cause des enfants. Le jour du drame, il prenait un verre avec sa compagne quand cette dernière lui a déclaré qu’elle allait le quitter pour ne plus le revoir. Pris de colère, Jean Rino Clair lui dit « pa provok mwa, aret koze ». Toutefois, il commettra l’irréparable lorsqu’il s’est emparé d’une cisaille pour la planter dans le dos de la victime à plusieurs reprises. Réalisant que sa concubine saignait abondamment, il est allé chercher de l’aide. Avant que le SAMU et que la police n’arrive, Jean Rino Clair a essuyé le sang répandu sur le matelas où se trouvait la victime tout en tentant de la garder en vie. Il a été arrêté le jour même. Le 15 juin 2010, il apprenait que sa compagne a succombé à ses blessures.
Lorsqu’il s’est adressé à la cour, Jean Rino Clair a soutenu qu’il a agi « dans un moment de colère » et qu’il ne « pensait pas faire une chose pareille ». Il a exprimé sa tristesse, faisant ses excuses pour le tort commis. Il a déclaré par ailleurs qu’il s’occupait lui-même des enfants de sa compagne ainsi que du sien sous le même toit car il était le seul à travailler.
Dans l’énoncé de son jugement, le juge Benjamin Marie Joseph a pris en considération les aveux de l’accusé dans ses dépositions à la police et a rappelé que ce dernier fait face à un délit grave car il a pris la vie d’une personne. Il devait toutefois prendre en considération le fait que Jean Rino Clair avait coopéré avec la police et avait plaidé coupable d’emblée. Le juge a aussi considéré le fait que Jean Rino Clair avait été pris de remords tout de suite après son crime et avait tenté de lui porter secours avant que le SAMU n’intervienne, avant de rendre son verdict.