Poursuivi pour le meurtre de sa petite amie, Devika Damry, Shahedeen Baccarally, un laboureur de 32 ans, a été condamné ce matin à 25 ans de prison. Le 17 juillet 2007, il avait agressé son ex-petite amie, alors âgée de 18 ans, avec un cutter. Plaidant coupable, il avait indiqué en Cour qu’il ne voulait pas la tuer mais « seulement lui taillader le visage ». Le juge a fait ressortir : « The blade of the cutter was broken during the assault and was secured in front of the house by the police. This is indicative of a rather violent blow having been dealt by the accused. »
L’avocat de la défense avait avancé plusieurs points pour démontrer que son client n’avait aucune intention de tuer sa petite amie et qu’il était quelqu’un qui souffrait de troubles mentaux. Toutefois, le juge Prithviraj Fekna a fait ressortir que la gravité et l’emplacement de la blessure démontrent l’intention de tuer. « The place where the victim was wounded is highly indicative of the intention to kill. The blade of the cutter was broken during the assault and was secured in front of the house by the police. This is indicative of a rather violent blow having been dealt by the accused. Dr Boolell stated that the wound started from the left and was situated about 11 cms above the Adam’s apple ». Le juge a aussi souligné le fait que l’accusé avait lui-même indiqué à la police qu’il avait « flank enn kout cutter kot so likou ». « The creole word “flanke” carries with it the pejorative meaning of brutally lashing out at a target, which target according to the accused was the neck of the deceased », a écrit le juge. En passant la sentence, la Cour a toutefois considéré le fait que l’accusé avait plaidé coupable et exprimé des remords. Les sept années qu’il a passées en remand seront déduites de la sentence.
Devika Damry, âgée de 18 ans, venait de rompre avec Mauhammad Shahedeen Baccarally, âgé de 25 ans au moment du crime. L’accusé n’a pas supporté cette situation et après maintes menaces, il a égorgé la jeune femme le 17 juillet 2007 non loin de son domicile, à Triolet. Dans sa déposition, Shahedeen Baccarally avait indiqué qu’il travaillait alors comme électricien avec son père et qu’il avait des difficultés financières. Le jour du drame, il était supposé travailler chez deux clients différents et avait, à cette occasion, acheté des outils, notamment un cutter. Depuis quelques mois, les relations étaient tendues entre sa petite amie et lui, et de violentes disputes éclataient régulièrement, poussant la fille à le quitter. En outre, l’accusé aurait reçu plusieurs appels l’informant que Devika Damry entretenait une liaison avec son ami.
La jeune femme venait d’une famille de quatre enfants et avait étudié jusqu’en Form I. « Mo latet ti pe fatige. Mo demann pardon pou saki finn arive. Mo pa ti anvi touy li. Mo ti zis anvi fer li per », avait déclaré l’accusé à la police. L’ancien chef du département médico-légal, le Dr Satish Boolell, avait produit en Cour le rapport de l’autopsie pratiquée sur la victime le 17 juillet 2007, lequel attribue la mort de la jeune fille à une “incise wounds to the neck”. Une entaille de 11 cm avait été relevée sur le cou de la victime. Le Dr Naga, le consultant en charge à l’hôpital Brown-Séquard qui avait examiné l’accusé après son arrestation, avait pour sa part indiqué que Shahedeen Baccarally ne souffrait « d’aucun trouble mental » et que celui-ci avait, dans le passé, suivi un traitement dans ce même hôpital, car il était dépressif et avait des tendances suicidaires.