L’enquête policière sur le meurtre de Chundun Seetah (44 ans), étripé à son domicile à Sébastopol, a connu des développements quelques heures seulement après la macabre découverte hier matin. Trois habitants de la région ont été appréhendés par la Major Crime Investigation Team et la Criminal Investigation Division de l’Est, mais seul le suspect Anwar Ramnauth (36 ans) a été maintenu en détention policière compte tenu des indications accablantes recueillies par la police. Ce suspect principal, à ce stade de l’investigation, s’apprêtait à comparaître en cour de Flacq à la mi-journée sous une charge provisoire de meurtre.
Les informations glanées sur le terrain par Le Mauricien indiquent qu’au cours de ses premiers échanges avec les limiers de la Major Crime Investigation Team (MCIT) et ceux de la Criminal Investigation Division (CID), Anwar Ramnauth a nié toute implication dans l’agression mortelle de la victime qui s’est fort probablement déroulée dans la soirée de dimanche. « Mo pa ti kot Chundun dimans », aurait-il fait comprendre en substance aux enquêteurs peu après son arrestation dans l’après-midi d’hier.
Cependant, les sources policières approchées affirment que les témoignages et indications recueillis sur les lieux du meurtre sont « damning » concernant ce suspect de 36 ans qui fut le compagnon de beuverie de la victime. D’ailleurs, c’est principalement sur la base d’informations obtenues qu’une escouade de la police a procédé à son arrestation hier quelques heures après l’ouverture de l’enquête. Anwar Ramnauth aurait été aperçu tout près du domicile de Chundun Seetah la dernière fois où la victime a été vue. Il était alors dimanche après-midi. La maison du défunt se trouve pratiquement juxtaposée à un bar où avaient lieu les beuveries. Selon les informations en présence de la police, le suspect aurait été également vu se rinçant les mains dans les environs.
La présence du suspect à proximité du domicile de la victime, coïncidant avec la dernière fois où celle-ci a été aperçue de son vivant par son entourage à Sébastopol, intrigue principalement les limiers. Au vu de ces éléments, les enquêteurs se concentreront particulièrement sur Anwar Ramnauth, selon l’agenda de travail établi pour la journée d’aujourd’hui. D’autant que dans un passé pas si lointain, un différend a surgi entre le suspect et Chundun Seetah mais la nature de l’altercation demeure inconnue à ce jour. Ainsi, l’interrogatoire d’Anwar Ramnauth devra débuter formellement aujourd’hui en vue de faire la lumière sur l’agression mortelle de ce maçon de 44 ans et vivant séparé de sa femme et de ses deux filles.
“Rakhi” dramatique
Cependant, cette étape ne devrait qu’intervenir après la comparution du suspect devant le tribunal de Flacq pour son chef d’accusation provisoire dans cette affaire. De leur côté, les deux autres individus appréhendés hier, soit Roshan P., 40 ans, et Hemankumarsing K., 47 ans, tous deux des habitants de Sébastopol, ont été relâchés après leur interrogatoire. À ce stade de l’enquête, ils n’ont pas été inquiétés davantage compte tenu de leurs alibis jugés satisfaisants.
Par ailleurs, les limiers de la MCIT et de la CID devront retourner sur les lieux du crime à Sébastopol à la recherche d’autres indices en vue de faire avancer l’enquête.
Depuis hier matin, les Seetah sont sous le choc après la confirmation que l’un des leurs a été agressé mortellement à son domicile. La situation est encore plus dramatique pour Kheeroolee Buruth (58 ans), venue rendre visite très tôt hier matin à son frère Chundun à l’occasion du Raksha Bandhan. Mais au lieu de célébrer cette fête qui symbolise les liens fraternels et d’amour qui unissent les frères et soeurs, Kheeroolee Buruth devait découvrir Chundun Seetah sans vie. La victime, portant de profondes lacérations sur tout le corps, gisait dans une mare de sang sur le sol tout près de son lit. L’autopsie confirmera plus tard que Chundun Seetah a succombé des suites de « stabbed wound at chest and abdomen ».
Depuis environ sept ans, la victime s’était séparé de son épouse à la suite à de multiples disputes conjugales ayant comme principal point de discorde le penchant de Chundun Seetah pour la bouteille. Cependant, le couple vivait dans la même maison. La victime occupait une chambre séparée de celle où se sont installées ses deux filles et son épouse. Cette dernière a été interrogée par la police mais a déclaré n’avoir rien entendu.
L’enquête se poursuit.