Fait singulier lors de la reprise du procès d’Alexandre Koomanikooa devant les Assises ce matin. Son fils, âgé de douze ans et élève de Form I, a été appelé à la barre des témoins. Il était accompagné de sa grand-mère.
Le procès d’Alexandre Koomanikooa pour le meurtre de son épouse a débuté sur le fond le mardi 8 septembre. Ce dernier a plaidé coupable sous une charge réduite de manslaughter (meurtre sans préméditation). Au début du procès, les officiers de police qui ont fait partie de l’enquête menée dans le cadre du meurtre de Christine Koomanikooa, le 7 décembre 2008, ont été appelés en cour pour lire les déclarations de l’accusé. Ce dernier, après son arrestation, avait accepté d’emmener la police sur le lieux où il a tué sa femme, une maison abandonnée située à la rue Lees, à Curepipe.
Lors de la reprise des auditions ce matin, c’était au tour du fils de l’accusé d’être appelé à la barre des témoins. Il n’avait que cinq ans quand sa mère a été tué. Il soutient que c’est son père, en liberté conditionnelle en attendant le verdict du juge, qui s’occupe de lui et de ses deux frères, avec l’aide de sa grand-mère. L’adolescent soutient que sa mère lui manquera toujours mais qu’il ne lui reste que son père, qui leur a demandé de lui pardonner pour le mal commis. « Mo papa pa ti pense pou fer enn zafer koumsa. Li finn dimann nou pardonn li. Sagrin-la pou touzour reste », soutient-il.
Alexandre Koomanikooa, qui a lui aussi été appelé à la barre, a présenté ses excuses aux proches de sa femme, leur demandant de lui pardonner pour le crime qu’il avait commis. Concédant qu’il pourrait obtenir une sentence lourde pour ce qu’il a fait, il demande toutefois un peu de clémence de la cour puisqu’il a trois enfants et qu’ils sont sous sa responsabilité. Il ajoute qu’il aimait sa femme mais qu’il a agi par excès de colère quand il a appris que celle-ci entretenait une liaison avec un autre homme.
À une question de Me Madheven Armoogum de la poursuite, l’accusé a soutenu qu’il avait laissé le corps de sa femme dans la maison abandonnée sans lui porter secours, « avek laper », parce qu’il avait réalisé qu’elle pouvait succomber de ses blessures à cause des coups violents qu’il lui avait infligés. Le procès a été ajourné à ce vendredi.
Le corps sans vie de Christine Koomanikooa avait été découvert le lendemain de sa mort par la police. Elle gisait dans une marre de sang et portait une profonde blessures au cou, des incisions sur le visage et des ecchymoses sur la joue et le menton. L’autopsie pratiquée par l’ex-chef du département médico-légal de la police, le Dr Satish Boolell, avait révélé que la victime a succombé suite à une hémorragie cérébrale.