Kadamlall Kutwaroo, poursuivi devant la Cour intermédiaire sous une charge “wounds and blows causing death without intention to kill”, était accusé d’avoir mortellement agressé son épouse, Marie Christine Kutwaroo, dans la nuit du 14 octobre 2005. Dans sa déposition, l’accusé aurait expliqué avoir agressé son épouse à Rivière-des-Galets à la suite d’une dispute. Lors du procès, son avocat avait soutenu que ses confessions n’étaient pas volontaires. Après avoir analysé les preuves et témoignages présentés en cour, le magistrat Azam Neerooa a affirmé qu’il est difficile de croire que l’accusé avait agressé ce jour-là la jeune femme à Rivière-des-Galets, car elle se trouvait à Camp Charlot chez sa soeur. La cause du décès a aussi soulevé des interrogations.
Kadamlall Kutwaroo avait plaidé non coupable de la charge qui lui était reprochée. Pour cette affaire, la poursuite s’était basée sur les dépositions de l’accusé à la police, dans lesquelles il avait raconté que, le 14 octobre 2015, il était parti à la rencontre de la victime vers 21h à Rivière-des-Galets et qu’ils s’étaient disputés pour une affaire d’argent. C’est ainsi qu’il se serait laissé emporter. Il avait indiqué à la police qu’il avait donné plusieurs coups à la jeune femme avant de l’abandonner sur les lieux. Ce n’est qu’après, avait-il soutenu, qu’il avait appris la mort de son épouse. La défense avait ainsi soulevé des interrogations sur l’admissibilité de ses dépositions, d’autant plus qu’en cour, deux témoins, à savoir le fils et le beau-frère de l’accusé, avaient indiqué que, le jour des faits, Marie Christine Kutwaroo se trouvait chez sa soeur et son beau-frère, lui, à Camp Charlot. Le magistrat Neerooa a donc conclu qu’il était impossible qu’elle soit à Rivières-des-Galets à 21h le même jour. « There is therefore real doubt as to whether deceased was at Riviere des Galets on the same night Accused admitted having allegedly met with her there and then assaulted her. »
La cour a aussi pris en considération le fait que le Dr Satish Boolell, qui avait examiné l’accusé, avait trouvé qu’il portait plusieurs blessures sur le corps qui pourrait démontrer qu’il aurait été victime de brutalité policière. « This might nevertheless raise some doubts as to the voluntariness of his subsequent statements the more so since his first statement was a complete denial », a fait ressortir le magistrat. Autre point qui a joué en faveur de l’accusé est le fait que la victime était décédée à la suite d’une exsanguination “following liver laceration”. Au cours du procès, il avait été souligné que l’épouse était alcoolique, consommait de la drogue et souffrait d’hépatite C. Un médecin avait aussi précisé qu’elle suivait des traitements pour des problèmes au foie. Avec autant d’incertitudes, le magistrat Azam Neerooa a conclu que la poursuite n’avait pu établir “beyond reasonable doubt” que Kadamlall Kutwaroo avait mortellement agressé son épouse. « Thus, it is clear that the causal link between the alleged assault by Accused and the death of the deceased must be established with certainty. But in the present matter, there are only possibilities amongst possibilities and not certainty as regards whether the alleged assault which by the way has not been proved beyond reasonable doubt caused deceased’s death almost a week after », a conclu la cour.