Le procès intenté à Jayraj Sookur devant les Assises pour le meurtre de sa belle-fille Stacey Henrisson a été marqué hier après-midi par l’audition de Claude Henrisson, l’oncle de la victime. Le frère de Wills Henrisson a déclaré en Cour que le 5 mai 2012, date à laquelle Stacey Henrisson a été tuée, il était à Rodrigues. Il est rentré chez lui une semaine après que la maison de Pointe-aux-Canonniers eut été mise sous scellés et est rentré à Maurice le 17 mai 2012 après avoir appris la mort de sa nièce. Cette déclaration devait apporter un nouvel élément au procès, contredisant ainsi la version de l’accusé à la police selon laquelle il avait aperçu Claude Henrisson le 5 mai 2012 en compagnie de la soeur de Béatrice Rouillon, de Tany Ramdassen et de Bhavik Ramphul. Jayraj Sookur disait dans cette déposition ne pas être l’auteur du crime.
Claude Henrisson a expliqué en Cour qu’il était aussi le parrain de Stacey Henrisson. « J’ai deux fils et Stacey était comme ma fille. C’est ma fille qu’on a tuée, mon enfant », a-t-il déclaré. Le frère de Wills Henrisson habite à Rodrigues depuis 27 ans. Quand il a appris que son frère était malade, il est rentré à Maurice pour être à son chevet ; c’était environ trois semaines avant sa mort. Il devait indiquer qu’à son arrivée à Maurice, il dormait chez son fils à Rose-Hill. À la sortie de Wills Henrisson de l’hôpital, et une semaine avant sa mort, il est venu vivre avec lui dans la maison à Pointe-aux-Canonniers. Répondant aux questions de l’avocat de la Poursuite, Me Mehdi Manrakhan, Claude Henrisson a soutenu qu’il n’était pas présent quand les officiers de la Cour ont mis sous scellés les propriétés de Pointe-aux-Canonniers, lui en interdisant ainsi l’accès. « Je suis arrivé après et il y avait des videurs devant la maison. On n’a même pas pu récupérer nos affaires. C’est dommage qu’il y avait une injonction pour m’empêcher de m’approcher de Stacey », a-t-il affirmé. C’est à ce moment-là qu’il devait révéler à la Cour que presque une semaine après, il est rentré à Rodrigues, et n’est revenu à Maurice qu’après avoir appris la mort de sa nièce. « Vous êtes sûr que vous étiez à Rodrigues le 5 mai 2012 ? Parce que l’accusé dans une déposition à la police avait dit vous avoir vu en compagnie de la soeur de Béatrice Rouillon-Sookur et de Ramdassen Tany et Bhavik Ramphul, qu’il identifiait comme étant les auteurs du meurtre de Stacey Henrisson », devait lancer Me Manrakhan. Et le témoin de répondre : « Il faut lui donner son award de Best-seller. Avec des preuves pareilles, la question est nulle. » Le témoin a fourni à la Cour des documents démontrant qu’il avait pris l’avion de Rodrigues le 17 mai 2012 quand il a appris de la mort de sa nièce.
Poursuivant son interrogatoire, Claude Henrisson a aussi confié que deux semaines avant sa mort, Stacey Henrisson l’avait appelé pour lui demander de l’aide. « Tu es mon parrain, est-ce que tu as le droit de me défendre ? J’ai déjà perdu un magasin et ils veulent vendre ma maison. Fais tout pour que je vienne avec toi », lui aurait dit la victime au téléphone. Claude Henrisson indique qu’il est allé voir un homme de loi à Rodrigues et que ce dernier devait entamer des démarches. « Je n’ai plus eu de ses nouvelles après », a-t-il dit.
Lors de son contre-interrogatoire mené par Me Avineshwar Dayal, l’avocat de Jayraj Sookur, le témoin a été confronté au fait qu’il n’était pas allé voir la police quand la propriété de Pointe-aux-Canonniers a été mise sous scellés. « Je n’ai pas confiance en la police après ce qu’ils ont fait à Stacey quand elle était allée la voir pour rechercher de l’aide. La police avait appelé son beau-père pour venir la chercher au poste », a-t-il répondu. Et l’avocat de la défense de revenir à la charge : « Vous n’aviez pas confiance en la police, pourtant dès votre arrivée à Maurice le 17 mai 2012, vous êtes allé voir l’inspecteur Daniel Monvoisin ? » « Je suis allé le voir pour éclaircir certaines choses. J’avais entendu dire que Jayraj Sookur avait déclaré à la police qu’il avait eu des relations sexuelles avec Stacey et que cela avait mal tourné. Je voulais dire à la police que Jayraj Sookur avait en tête de faire main basse sur les biens de ma nièce. C’est à partir de là qu’ils ont pu donner une autre tournure à l’enquête. Je leur ai montré le testament de Wills Henrisson. Sans cela, on aurait cru qu’une pauvre jeune fille avait été victime de viol », a-t-il fait ressortir. Le contre-interrogatoire de Claude Henrisson se poursuivra lundi.