Le procès intenté à Jayraj Sookur pour le meurtre de sa belle-fille Stacey Henrisson a repris devant la Cour d’assises ce matin avec l’interrogatoire de la mère de la victime, Béatrice Rouillon-Sookur. Elle a indiqué à la Cour qu’à la mort du père de Stacey, cette dernière était la seule héritière de tous ses biens et avait en plus touché deux primes d’assurance vie totalisant Rs 800 000. C’est Jayraj Sookur qui gérait tous les affaires de Stacey Henrisson. La mère dit n’être pas au courant du fait qu’une somme de Rs 582 520 avait été transférée du compte de Stacey au compte joint que l’accusé partage avec elle. Décrivant les relations de la victime avec son beau-père, elle a soutenu qu’il la gâtait un peu plus que les autres enfants.
Me Nadeem Hyderkhan agit en tant que watching brief pour Béatrice Rouillon-Sookur dans ce procès. La mère de Stacey Henrisson a déclaré qu’elle n’avait toujours pas divorcé de Jayraj Sookur. Répondant aux questions de l’avocate de la poursuite, Me Audrey Sunglee, la mère de la victime est revenue sur sa rencontre avec Jayraj Sookur. Elle l’avait rencontré en 2002 quelque temps avant sa séparation avec Wills Henrisson. « Je suis partie vivre avec Jayraj Sookur en 2003, je fréquentais son centre de massage souvent car à cette époque je souffrais de gros problèmes de dos. Par la suite, j’ai commencé à avoir des sentiments pour lui », a-t-elle soutenu. Elle devait aussi faire ressortir qu’après sa séparation avec le père de Stacey, cette dernière était restée avec son père, bien qu’elle-même eût obtenu sa garde permanente. Béatrice Rouillon-Sookur a confirmé en Cour ce matin que Stacey Henrisson était la seule héritière de tous les biens de Wills Henrisson et qu’outre des biens matériels, elle avait touché deux primes d’assurances totalisant Rs 800 000. « Après la mort de son père, on avait reçu ces deux chèques et j’avais ouvert un compte en son nom à la banque des Mascareignes pour y déposer cet argent. C’est Jayraj Sookur qui avait la procuration pour gérer l’héritage de Stacey », a-t-elle déclaré. Confrontée au fait que plusieurs transferts avaient été effectués de ce compte et que la somme Rs 582 520 avait été transférée du compte de Stacey au compte joint que l’accusé partage avec elle, Béatrice Rouillon-Sookur devait répondre qu’elle n’était pas au courant.
Le témoin a déclaré qu’elle s’était rendue en Inde sur l’insistance de Jayraj Sookur qui voulait qu’elle se fasse soigner. « Il m’avait dit que c’était un cadeau et que le traitement de trois mois allait me faire du bien. Je trouvais que c’était trop long pour être séparée de mes enfants tout ce temps-là », devait-elle affirmer. Et de préciser : « À un moment je ne savais pas comment entrer en contact avec Stacey. À chaque fois que je disais à Jayraj Sookur que je devais parler à ma fille, il me rassurait qu’elle allait m’appeler éventuellement. Je suis restée sans nouvelle et c’est à mon arrivée, à l’aéroport, que j’ai appris que Stacey était morte. »
La mère de la victime a aussi indiqué à la Cour que le 6 mai 2012, elle avait reçu un appel de Jayraj Sookur l’informant que la veille lorsqu’il était rentré à la maison, toutes les portes étaient ouvertes et que Stacey Henrisson avait disparu avec ses affaires. « Il m’avait dit qu’elle s’était enfuie avec son petit ami. Lorsque je lui ai dit d’appeler la police, il m’avait répondu qu’il est le beau-père et que tout le blâme tomberait sur lui. Le 14 mai, il m’avait appelée et ne paraissait pas lui-même ce jour-là. C’était le dernier jour où j’ai parlé à Jayraj Sookur. En rentrant à Maurice, j’ai appris la suite », a-t-elle relaté. À l’heure où nous mettions sous presse, son interrogatoire se poursuivait.
Rappelons que le cadavre en décomposition avancée de Stacey Henrisson avait été découvert le dimanche 13 mai 2012 dans un ravin en bordure de la route principale à Plaine-Champagne. L’enquête policière avait abouti à l’arrestation de son beau-père Jayraj Sookur et du chauffeur de ce dernier, Ramdassen Tany, qui a été condamné en décembre à un an de prison par la Cour intermédiaire sous une charge de « concealing corpse ». Il fait appel à sa sentence. Ce témoin clé de la poursuite sera d’ailleurs entendu en Cour ce lundi.