La fin de la semaine risque d’être des plus bouleversantes pour les principaux protagonistes dans l’enquête du meurtre de Stacey Henrisson, âgée de 16 ans, dont le cadavre dans un sac en plastique avait été retrouvé au fond d’un ravin de Plaine-Champagne le dimanche 13 mai. Le rôle majeur du suspect No 2, Ramdassen Tany, déjà fiché pour actes criminels à la police et se comportant comme le véritable gérant des propriétés léguées par le défunt Wills Henrisson, est sur le point d’être élucidé. Jayraj Sookur est déjà passé en partie aux aveux quant au meurtre de la jeune fille dans l’après-midi du samedi 5 mai à Bonne-Mère, plus précisément au Myassa Healing Centre. Le véritable mobile du crime, malgré les tentatives de maquillage en des relations incestueuses, a été établi, en particulier l’héritage valant entre Rs 30 et Rs 50 millions de Stacey Henrisson. La zone d’ombre, qui doit être éclaircie à ce stade de l’enquête, tourne autour de la mère de la victime et épouse du présumé meurtrier, Béatrice Rouillon-Sookur.
Des recoupements d’informations effectués auprès des sources policières autorisées indiquent qu’incessamment l’épouse de Jayraj Sookur sera confrontée à une série de circonstances accablantes dans les relations avec Stacey Henrisson susceptibles de permettre à la police de résoudre le mystère de ce meurtre. Des sources policières avancent que dépendant des développements en cours, le rendez-vous pour cette séance d’interrogatoire pourrait être fixé dès aujourd’hui.
Mais à ce matin, aucune des sources policières n’avait voulu confirmer cette étape jugée cruciale dans cette enquête. Malgré les détails fournis lors de la précédente audition de Béatrice Rouillon-Sookur samedi, les limiers de la CID de la Western Division, menés par l’assistant surintendant de police et chef enquêteur, l’ASP Daniel Monvoisin, ne semblent pas être totalement convaincus de la séquence des événements.
Le point central à déterminer gravite autour des raisons pour lesquelles Jayraj Sookur et Stacey Henrisson étaient rentrés plus tôt, soit le 3 mai, de l’Inde, alors que la mère a poursuivi son séjour. Les précisions de la principale concernée sont considérées comme vitales à ce stade de l’enquête car d’autres éléments troublants impliquant Jayraj Sookur sont venus se greffer sur cette séquence des événements.
D’autre part, Béatrice Rouillon-Sookur devra être confrontée aux multiples démarches entreprises par l’axe Jayraj Sookur / Ramdassen Tany par rapport au contrôle des propriétés appartenant à la mineure, Stacey Henrisson, notamment depuis le 18 octobre 2011, date de la mort de Wills Henrisson. Le dernier élément versé dans le dossier à charge est la déposition d’un éventuel acheteur approché par Jayraj Sookur pour la vente de la propriété de Pointe-aux-Canonniers avec en première ligne la boutique artisanale gérée par Wills Henrisson de son vivant et trois autres bungalows de standing.
Cet acheteur éventuel a été longuement interrogé par les hommes de l’ASP Monvoisin sur les circonstances dans lesquelles cette offre d’achat de la propriété de Pointe-aux-Canonniers lui a été faite. La teneur de cette déposition est jugée extrêmement accablante pour Jayraj Sookur. Mais plus grave encore sera la révélation de la date à laquelle les négociations officielles pour la vente se sont déroulées en présence de Jaykar Sookur. Cet élément d’information est jalousement gardé par la police même si une tierce partie également présente se déclare prête à témoigner formellement en Cour si le besoin se fait sentir.
Il ne fait aucun doute que lors de la prochaine séance d’interrogatoire, Béatrice Rouillon-Sookur devrait être mise en présence de ces « dealings » montées par son second époux en vue de s’approprier des biens immobiliers légués à sa fille.
D’autre part, depuis la fin de l’année dernière, Ramdassen Tany, chauffeur de Jayraj Sookur, et complice présumé dans le meurtre de Stacey Henrisson, se comportait en tant que “propriétaire” des biens immobiliers de Stacey Henrisson à Pointe-aux-Canonniers. Il devait prendre la décision de se défaire des services de gardiennage du complexe, assurés par un groupe très connu du Nord parce que les coûts étaient trop élevés, soit Rs 1 000 par jour.
Un dénommé Sooresh Bijloll, âgé de 64 ans, habitant Rivière-du-Rempart, fut approché par Ramdassen Tany à cet effet en début d’année. « Mo ena travay. Eski to anvi fer sekirite ? » avait proposé le chauffeur de Jaykar Sookur au premier nommé pour un salaire mensuel de Rs 8 000. La dernière fois qu’il avait rencontré Ramdassen Tany était le lundi 7 mai, soit 48 heures après le meurtre de Stacey Henrisson.
« Sa zour-la, mo pa ti konn nanyen kinn ariv mamzel-la. Li ti vinn pey mwa », aurait fait comprendre Sooresh Bijloll lors de son audition par les limiers de Rose-Hill. Ce ne fut que vendredi dernier qu’il devait obtenir confirmation du drame. « Monn al donn enn depozision lapolis pou dir ki mo pe rann lakle sa konplex-la. La polis pann oule pran lakle », devait-il poursuivre.
Sooresh Bijloll a également contacté une des proches de Ramdassen Tany, habitant le village de Pointe-aux-Canonniers pour décider de la marche à suivre. « Sa dimoun-la inn dir mwa kontinye travay, mo pou pey twa », a-t-il ajouté dans sa déposition. Cette personne, dont les relations sont très étroites avec Ramdassen Tany, devra être interrogée par la police au sujet de ses intérêts dans cette affaire.
Si la vente du terrain de 315 toises de Pointe-aux-Canonniers avec la boutique artisanale au rez-de-chaussée et trois autres bungalows n’a pu être concrétisée, l’axe Sookur/Tany avait déjà procédé à la vente des meubles s’y trouvant, y compris des équipements électroménagers. En collaboration avec le dénommé Sooresh Bijloll, la police a effectué un relevé des articles, qui ont été vendus à l’insu de la véritable propriétaire.
A la mi-journée, des dispositions ont été prises en consultation avec Me Arun Kotawaroo pour la reprise de l’interrogatoire du meurtrier présumé, Jayraj Sookur, portant sur la confirmation du véritable mobile du crime et de ses agissements pour s’approprier de l’héritage de Stacey Henrisson depuis la fin de l’année dernière.