Le rôle du suspect et complice présumé dans le meurtre de Stacey Henrisson, 16 ans, à Bonne-Mère le samedi 5 mai, dépasse la simple mission de « al zet salté Plaine-Champagne ». C’est la thèse que défendent les limiers de la CID de la Western Division dirigés par l’assistant surintendant de police, l’ASP Daniel Monvoisin, au vu de la confirmation que l’héritage légué à sa fille par Wills Henrisson à sa mort le 18 octobre 2011 était au centre des convoitises de l’axe Jayraj Sookur/Béatrice Rouillon-Sookur. Avec ce développement, la prochaine séance d’interrogatoire du beau-père, qui devra être fixée avant la fin de la semaine après la comparution en Cour de Bambous, s’avère d’une importance capitale. Les enquêteurs de la police n’écartent pas la possibilité que le nouveau rendez-vous avec la mère de Stacey Henrisson aux Police Headquarters de Rose-Hill pour une nouvelle audition se déroule presque simultanément.
Avant de s’attaquer à ce gros morceau de l’enquête, les hommes de l’ASP Monvoisin ont poursuivi dans la journée d’hier l’interrogatoire de Ramdassen Tany, 56 ans, habitant Petit-Raffray, ancien chef de sécurité, et bras droit de Jayraj Sookur. À ce stade de l’enquête, le rôle de ce complice présumé est plus conséquent que celui d’un « éboueur appelé en toute urgence pour se débarrasser des saletés du masseur ». Pendant la journée d’hier, il a été confronté à de nouveaux éléments l’incriminant dans un complot ourdi en vue de déposséder Stacey Henrisson de ses biens, comptes bancaires et propriétés immobilières dont la valeur varie entre Rs 30 millions et Rs 50 millions.
Ramdassen Tany est considéré comme une pièce maîtresse dans le jeu d’échecs orchestré par le beau-père pour éliminer la jeune et riche héritière. Depuis le début de l’enquête la semaine dernière, les limiers de la CID étaient d’avis que ce suspect pourrait être mêlé à ce meurtre atroce presque au même titre que le beau-père.
À ce jour, la police détient des preuves qu’au lendemain de la mort de Wills Henrisson, le père de la lycéenne assassinée, Ramdassen Tany a assumé un rôle de premier plan dans la tentative de Jayraj Sookur de mettre le grappin sur l’héritage de la jeune fille. En effet, pas moins d’une quinzaine de jours après le décès du père, le chauffeur a été appelé à jurer un affidavit préparé par une avouée en vue d’attester que Stacey Henrisson est l’unique héritière de tous les biens laissés par son père.
Pour les besoins de cet affidavit, Ramdassen Tany était accompagné d’un autre complice présumé, également agent de sécurité de son état. Le chauffeur de Jayraj Sookur a été longuement entendu, hier, au sujet des circonstances qui l’ont poussé à entamer ces démarches en justice alors qu’il n’a aucun lien de parenté avec la jeune fille ou encore les membres de la famille Henrisson. La clé de tout ce mystère est de savoir de qui émanaient les directives pour les préparatifs de cet affidavit.
Demande formelle de liquidation
Sur la base des réponses fournies par Ramdassen Tany à ce sujet, l’avouée sollicitée pour entreprendre ces démarches légales pourrait être entendue en vue de confirmer les propos du suspect No 2 au sujet de ce document légal en date du lundi 31 octobre 2011. Le tandem d’agents de sécurité pourrait se retrouver face à des accusations d’avoir juré de faux affidavits.
La séquence des événements après l’obtention de l’affidavit est épluchée par une escouade de la police en vue d’établir que le mobile du crime du 5 mai n’est autre que « les millions de Stacey Henrisson ». Le document considéré comme une Prima Facie Evidence à cet effet reste les Courts Records où une demande formelle de liquidation des biens de Stacey Henrisson est catégoriquement rejetée par un juge siégeant en référé en Cour suprême.
Mais avant d’atteindre ce stade, la police s’intéresse aux démarches initiées par l’ancienne épouse de Wills Henrisson à la mort de ce dernier le 18 octobre 2011. Elle avait obtenu un ordre du tribunal de Pamplemousses en date du 7 novembre 2011 pour que des scellés soient apposés sur toutes les propriétés ayant appartenu à son ex-époux, dont une boutique artisanale, située à Pointe-aux-Canonniers. Les documents déposés devant le magistrat siégeant au tribunal de Pamplemousses sont passés au crible avant d’être versés dans le dossier à charge de la police.
Toutes ces preuves tendant à prouver la thèse du complot aux dépens de la « mésaventure qui a mal tourné le 5 mai » constitueront la base de la prochaine séance d’interrogatoire de Jayraj Sookur, qui a fait une apparition dans les locaux de la police de Rose-Hill hier après-midi. À ce matin, le jour de cette nouvelle séance n’avait pas encore été établi entre les enquêteurs et l’homme de loi du suspect, Me Arun Kutowaroo.
Le rendez-vous pourrait être fixé après la comparution du jour en Cour de Bambous. Béatrice Rouillon-Sookur pourrait également être entendue d’ici la fin de la semaine pour des compléments d’informations sur la période entre le décès de son ancien époux le 18 octobre et le 5 mai, date à laquelle sa fille a été assassinée.