Pour la quatrième semaine d’enquête dans le meurtre de Stacey Henrisson (16 ans), les limiers de la CID de la Western Division menés par le chef-enquêteur, l’assistant surintendant de police Daniel Monvoisin, se concentrent sur les procurations et autres décisions prises par le meurtrier présumé, Jayraj Sookur, après la mort de Will Henrisson le 18 octobre dernier. Un dernier développement est intervenu en début d’après-midi avec la police procédant à la saisie d’un camion de meubles appartenant à la famille Henrisson ; le nouveau propriétaire a été emmené aux Police Headquarters de Rose-Hill à des fins d’interrogatoire. Toutefois, le document déterminant aux mains des enquêteurs pour établir le véritable mobile du crime et la préméditation de la part de Jayraj Sookur dans le meurtre de sang froid de la lycéenne le samedi 5 mai.
Profitant du fait que les aveux du beau-père au cours de la semaine dernière auront permis à  l’enquête de progresser de manière satisfaisante avec les deux principaux suspects, Jayraj Sookur et Ramdassen Tany sous les verrous, les enquêteurs de la CID de Rose-Hill se concentrent sur le réseau tissé en vue de s’approprier l’héritage de la jeune fille évaluée entre Rs 30 millions et Rs 50 millions. Après l’épisode de la notaire Boolakee de Pereybère, déjà inculpée provisoirement pour le délit de Possession of Stolen Property, vendredi matin, une autre opération de saisie de meubles appartenant à la famille Henrisson – mais disposés par Jayraj Sookur – était en cours en début d’après-midi.
Le principal concerné chez qui les meubles ont été retrouvés subit actuellement un interrogatoire serré de la part des hommes de l’ASP Monvoisin. A ce stade de l’enquête, le seul élément confirmé est que les meubles appartiennent à Stacey Henrisson depuis le mort de son père le 18 octobre de l’année dernière. D’ailleurs, tous les meubles identifiés ont été embarqués dans un camion de la police pour être transportés au QG de la CID de Rose-Hill en tant que pièces à conviction.
L’interrogatoire devra confirmer si cette décision de vendre ou de distribuer des meubles des Henrisson relève de Jayraj Sookur et si tel est le cas, pour quelle raison. Il n’est pas à écarter que pour les besoins de l’enquête, le principal concerné pourrait se retrouver avec une inculpation provisoire de recel retenue contre lui. Aucune confirmation n’était disponible en début d’après-midi.
Mais le plus gros morceau de l’enquête demeure tout le volet des procurations obtenues par Jayraj Sookur et encore ses démarches en vue de mettre en liquidation tous les biens de Stacey Henrisson. Les Court Records déposés devant le juge siégeant en référé pour soutenir cette demande de liquidation sont actuellement épluchés par les enquêteurs de la police en vue des prochaines convocations.
Ceux qui ont eu accès à ces documents affirment que l’une des principales demandes formulées est que les membres de la famille Henrisson, en particulier l’oncle paternel, soient destitués de tout contrôle de l’héritage et qu’ils soient tenus à l’écart de toute décision à ce sujet.
Des consultations ont été initiées en vue d’établir un calendrier pour la convocation des hommes de loi, ayant prodigué les conseils légaux, pour la rédaction de ces documents extrêmement compromettants. Les limiers de la CID de la Western Division sont intéressés à consigner les explications de ces conseils légaux sur l’identité de la personne ayant entamé ces démarches et les circonstances de la formulation de telles demandes.
La  zone d’ombre qui attend d’être éclaircie concerne le rôle et les responsabilités de protection des intérêts de la mineure, Stacey Henrisson et de la mère, Béatrice Rouillon-Sookur. L’audition Under Caution de celle-ci risque d’être un autre tournant dans cette affaire. Mais à la mi-journée aucune date n’a été retenue pour cette étape.
Par ailleurs, les objets personnels appartenant à Stacey Henrisson dont son ordinateur portable, sa caméra professionnelle, son discman et un sac, récupérés du lit de la Grande-Rivière-Nord-Ouest, hier, par des plongeurs du Groupement d’Intervention de la Police Mauricienne (GIPM), ont été envoyés au Forensic Science Laboratory à des fins d’analyses. La police a également entamé un exercice d’identification formelle de ces équipements avec l’aide de ceux qui ont connu et fréquenté Stacey Henrisson de son vivant.