« Une économie forte a besoin d’un secteur d’exportation compétitif et notre secteur d’exportation a besoin d’une roupie compétitive », a déclaré hier le président de la Mauritius Export Association (MEXA), Phil Ryle, lors de la 9e assemblée générale annuelle de cette organisation tenue à l’hôtel Le Labourdonnais. Réélu pour un mandat d’une année, Phil Ryle, parlant en présence du ministre du Commerce et de l’Industrie, Ashit Gungah, a demandé au gouvernement d’introduire des mesures pour relancer l’investissement dans les entreprises d’exportation et de prendre des actions à divers niveaux pour que le secteur puisse accroître ses exportations.
Phil Ryle s’est appesanti, dans son allocution, sur la compétitivité du secteur manufacturier d’exportation au niveau du coût de ses produits. « Product cost competitiveness is criticical to our short term survival and to our long term successful growth both to individual companies as well as to out national economy », a-t-il dit. Et le président de la MEXA de rappeler que le secteur d’exportation a eu, depuis le début de l’année, à faire face à une compensation salariale de Rs 600, à une dépréciation de 6 % de la roupie vis-à-vis du dollar américain couplée d’une appréciation de la monnaie locale par rapport à l’euro. La compensation salariale a fait grimper les coûts de production de 2 % compte tenu du fait que le « wage bill » va augmenter annuellement de Rs 600 millions.
Phil Ryle a indiqué que les récentes fluctuations au niveau du taux de change pénalisent le secteur d’exportation. Environ 85 % des importations de ce secteur sont facturées en dollar américain alors que 58 % de ses recettes d’exportation sont libellées en euro. « This means that our imported raw materials now cost 3,6 % more while the revenues created from European sales have decreased by more than 8,4 % », a-t-il souligné avant d’ajouter : « All in all, the prevailing exchange rate conditions coupled with the impact of the salary increase will cause the profitability of the export enterprises to drop by 14 % ». Dans les milieux de la MEXA, on estime que chaque baisse d’une roupie de l’euro va provoquer une perte d’un pourcent au niveau de la compétitivité du secteur d’exportation et environ 2 % du chiffre d’affaires des entreprises tournées vers les marchés de la zone euro. « Clearly these immediate impacts to profitability reduce the confidence of companies and invariably delays the investment in capital needed for future competitiveness », a fait ressortir le président de la MEXA. D’où son appel à une roupie compétitive.