Les procédures de supply chains étaient à l’ordre du jour lors de cette Semaine de la logistique. La Mauritius Exports Association et la Commission de l’océan Indien ont ainsi organisé mardi au Labourdonnais Waterfront Hotel, Port-Louis, une conférence traitant de la question et plus particulièrement, du récent Logistics Performance Index de la Banque mondiale. L’occasion de rappeler non seulement les forces mais aussi certaines faiblesses du secteur…
L’objectif de Maurice reste d’émuler Singapour ou Hongkong. C’est ce qu’a rappelé le ministre de l’Industrie suppléant Michael Sik Yuen dans son allocution. Mais qu’en est-il véritablement ? La conférence organisée conjointement par la Mauritius Exports Association (MEXA) et la Commission de l’océan Indien (COI) pourrait servir de jauge à la pertinence du point de comparaison quasi-unanimement adopté. Cet événement, qui cadre avec la Semaine de la logistique 2012 de la MEXA, a réuni mardi plus d’une quarantaine de professionnels du secteur.
Quels seraient d’abord les points d’appui du secteur de la logistique : nos acquis ? Le directeur général de la Mauritius Ports Authority (MPA) rappelle la résilience du secteur portuaire et son attrait « compétitif ». « Malgré la crise, nous allons enregistrer à la fin de 2012 une hausse de 60 % », précise Shekur Suntah. Et d’ajouter : « Maurice doit se positionner en tant que deuxième port africain après l’Afrique du Sud. »
L’on est alors déjà à mille nautiques des références des Tigres asiatiques. Pour le directeur général de la MPA, « qui a vu ce qui se passe à Djibouti » et qui « a fait son opinion du degré d’investissement opérant en Afrique », le défi réel est ailleurs. « Par exemple, l’Afrique du Sud, avec son méga investissement de $ 300 milliards d’ici 2018, ne pourra pas profiter instantanément de certainement infrastructures. Ce qui nous laisse du temps ! Investir doit alors être une priorité ».
Commentant le Logistics Performance Index (LPI) de la Banque mondiale, le directeur du Mauritius Cargo Community Services (MACCS) affirme que la courbe de progression de Maurice est plus lente que certains pays africains. Daniel Ng note d’ailleurs une dégradation dans l’indexation de nos douanes, « élément qui ne concerne pas que les Mauritius Customs mais l’ensemble de parties prenantes… ». Si le LPI indique une progression globale de Maurice (de la 82e position en 2010 à la 72e position en 2012), la performance du processus de dédouanement qui comprend douaniers, brokers, camionneurs, divers ministères, dégringole (de la 50e place en 2010 à la 72e place en 2012).
Fait que commente la directrice de la MEXA Danielle Wong : « Le rang ne signifie pas que Maurice n’a pas bien opéré mais plutôt que d’autres pays ont mieux fait. LPI is a tool for private sector to press public sector (NdlR : les sondages sont effectués auprès d’interlocuteurs qui, selon les circonstances, pourraient laisser filtrer leurs humeurs dans l’étude statistique). Yet, what we see is : MACCS (voir Hors-texte) is supposed to be on since 2009 and that it is still not on. »
De son côté le nouveau directeur des douanes, n’hésite pas à remettre en question la crédibilité du rapport. Pour James Lenaghan, il est impossible que Maurice ait été talonnée par le Vietnam, pays où il a travaillé dans le passé. « The figures do Mauritius an injustice. Un exemple du dommage que les sociétés d’accréditation peuvent faire au pays. » Un avis partagé par les autres membres du panel débattant de la question. Shekur Suntah et le capitaine René Sanson, directeur de Mediterranean Shipping Co Ltd, remettent ainsi en question la substance du feedback du secteur privé collecté par la Banque mondiale.