Beas Cheekhooree, président de la Mexa, et Dhanjay Jhurry, vice-chancellor de l’UoM

Les défis sont nombreux pour le secteur du textile mauricien. Alors que cette industrie nécessite des investissements au niveau de la technologie pour pouvoir concurrencer les autres pays producteurs, le capital humain reste un important facteur permettant de réussir dans un monde de plus en plus compétitif. La première initiative dans le développement des capacités est le lancement d’un Certificate in Supervisory Textile Management, un cours taillé sur-mesure par la Mauritius Export Association (MEXA) et l’Université de Maurice. Ainsi, 23 employés de la compagnie Esquel suivront une formation d’une durée d’un an et demi pour parfaire leurs connaissances dans le domaine du textile.

Le lancement de ce cours s’est tenu lundi après-midi à l’université de Maurice. « Le textile n’est pas une industrie qui s’éteint », a déclaré Beas Cheekhooree, président de la MEXA. Toutefois, il ne cache pas que les modèles de gestion actuels pour cette industrie ne tiennent plus la route. « Notre modèle de gestion dans le secteur manufacturier doit pouvoir ajouter de la valeur. Nous devons voir comment faire pour que le capital humain que nous avons puisse ajouter de la valeur », dit-il. La compétitivité, ajoute-t-il, « se réalise grâce à cet élément ».

Parlant sur les défis qui guettent ce secteur, Beas Cheekhooree évoque celui de l’exportation, qui est en baisse depuis deux ans. « C’est un signe très alarmant », a-t-il précisé. Du fait de cette baisse, il soutient qu’il est « difficile de pouvoir attirer de nouvelles compagnies ». Ce qui n’a toutefois pas empêché le secteur d’enregistrer une croissance de 3,2% les premiers six mois de 2018 après les deux baisses de 2016 et 2017. « Nous sommes un peu plus confiants pour l’avenir », dit-il.

L’inadéquation entre l’offre et la demande est un sujet souvent abordé par les entreprises. Mais pour Beas Cheekhooree, « une plateforme commune est nécessaire afin de pouvoir discuter des défis et des opportunités pour le secteur » de l’exportation. « Nous reconnaissons notre faiblesse à ce niveau », ajoute-t-il. Selon lui, il existe par ailleurs un manque d’entrepreneuriat chez les jeunes. Ce qui l’amène à dire qu’il « faut donner aux jeunes une plateforme pour qu’ils puissent concrétiser leurs idées ». Et d’ajouter : « Cette signature est une première étape de notre collaboration avec l’université de Maurice. » Beas Cheekhooree avance qu’après le lancement de ce cours avec Esquel, d’autres lui emboîteront le pas.

« C’est un premier protocole d’accord que nous signons avec le secteur du textile », soutient le vice-chancellor de l’UoM, Dhanjay Jhurry. Selon lui, « l’industrie n’est pas en déclin mais qu’il existe plusieurs choses qu’elle pourrait encore réaliser ». Cette collaboration, dit-il, « démontre qu’aucun secteur dans quelconque pays ne peut travailler sans la communauté, l’académie et les industries ». Nos industries « ont besoin de plus de compétitivité et doivent former le personnel à un très haut niveau ». Dhanjay Jhurry ajoute qu’il ne veut « plus entendre le terme “skills mismatch”, car l’UoM collabore avec les entreprises dans différents secteurs ».

Pour Lilowtee Rajmun Jooseery, CEO de la Mexa, les étudiants d’Esquel « n’ont pas les qualifications académiques nécessaires mais ont une très longue expérience ». Aussi estime-telle cette collaboration « importante » car, selon elle, « l’industrie se trouve à une dangereuse croisée des chemins ». Aussi, « soit nous progressons, soit nous reculons ».