Plus de 8 mois après une première tentative ratée (5 décembre 2011), le président de la Mauritius Football Association (MFA) revient  le mardi 28 aôut devant l’assemblée de la MFA pour une demande d’adoption des nouveaux statuts, comme l’a souhaité la FIFA. Des nouveaux statuts qui, sans une majorité de trois quarts (un minimum de 30 votes sur les 39 représentants nécessaires) ne peuvent être adoptés. Avant même de lancer le débat, la question  est posée: quelle majorité pour les nouveaux statuts de la MFA?
Même si officiellement, il n’existe aucune campagne autour de l’adoption de ces nouveaux statuts, il n’en demeure pas moins vrai que dans les coulisses, on s’active beaucoup autour de cette assemblée. La peur que la direction de la MFA ne se retrouve dans l’obligation d’organiser des nouvelles élections fait tiquer. On parle même des tentatives de certains membres du comité directeur de manoeuvrer pour faire capoter ces nouveaux statuts. Qu’en est-il exactement? La réponse dans 8 jours.
Position inchangée
Mais reste que le président de la MFA, Vinod Persunnoo, cherche à brasser le plus large possible pour trouver la majorité nécessaire pour faire passer ces nouveaux statuts. Ce qui explique, selon lui, sa rencontre mardi dernier avec le groupe d’opposition mené par le duo Mario Monty-Anwar Elahee dans un hôtel huppé du triangle d’Ebène. L’information a été confirmée par le président de la MFA, mais Vinod Persunnoo s’est empressé de récuser le mot «opposition». «J’ai rencontré, à ma demande, un groupe d’amis du football mauricien et qui cherchent eux aussi à apporter leur contribution pour la bonne marche de la MFA. Cette rencontre où mon vice-président  Anoop Madhow était présent a été faite autour d’un agenda précis, qui est les nouveaux statuts de la MFA et non pour faire des pétitions contre X ou Y. Comme ces personnes veulent eux aussi que ces nouveaux statuts soient votés, nous avons de ce fait discuté sur différents aspects et notamment sur ses implications après le vote. J’ai aussi rappelé à mes amis l’importance qu’il y ait une majorité de trois quarts pour qu’ils soient adoptés», a soutenu à Week-End, Vinod Persunnoo.
Reste donc que pour l’heure, il n’existe aucune certitude que cette majorité est en marche pour le 28 août. Joint au téléphone hier, Anwar Elahee, un de ceux qui ont assisté à la réunion de mardi dernier insiste sur le fait d’une position inchangée depuis leur conférence de presse de mai dernier. «Nous avons effectivement rencontré le président Persunnoo mardi dernier pour discuter sur les statuts et nous avons aussi trouvé un consensus. Notre position reste inchangée par rapport à ce que nous avions évoqué lors d’une conférence de presse, car nous pensions qu’il est plus que temps que la MFA se dote des nouveaux statuts et aussi organise des nouvelles élections. Il est un fait que la gestion du football à Maurice se trouve dans une situation délicate et controversable où c’est le football qui paie le prix fort», a soutenu Anwar Elahee à Week-End .
Problème avec le Sport Act
L’ex-vice président de la MFA est même d’avis que ces nouveaux statuts sont une charge pour la fédération. «Il faut encore que nous ayons aussi le feu vert du ministère des Sports, car il  faut aussi prendre en considération que ces nouveaux statuts ne sont pas en conformité avec le Sports Act», dira-t-il encore. En effet, le gros risque  auquel la MFA sera confronté si ces nouveaux statuts passent le cap des trois quarts est sa conformité avec le Sports Act.
Ce n’est un secret pour personne que plusieurs clauses de ces statuts qui ont été discutées pendant plus de 4 heures, le 5 décembre 2011 soit ne sont pas en conformité avec la loi cadre du pays ou n’existent pas dans cette même loi. Ce qui veut dire que le risque que le Registrar of Association ne voudrait pas donner son feu vert à ces nouveaux statuts est bien réel, voire certain.
Cette éventualité, Vinod Persunnoo le sait plus que personne et concède que la MFA est prise entre deux feux. «L’importance que nous adoptions ces nouveaux statuts est primordiale car il y a une demande de la FIFA pour que nous allions dans cette direction. Si cette 2e tentative à l’assemblée générale ne passe pas, il est quasi certain que la FIFA ne va pas rester les bras croisés. De l’autre côté, il y a le Sports Act qui n’a pas encore été amendé et donc nos nouveaux statuts ne sont pas en conformité avec. Si la majorité des membres votent pour les nouveaux statuts, il va sans dire que son implication risque fort bien de poser problème» avance le président de la MFA. Ce dernier aura à ses côtés mardi Primo Cavaro de la FIFA et un représentant de la CAF pour diriger cette assemblée. Ce qui explique encore une fois l’importance que les instances internationales apportent à cette assemblée générale.
Interrogé sur cette éventualité, le ministre Devanand Ritoo soutient pour sa part que la balle est encore dans les pieds de la MFA. «Depuis la visite de Primo Cavaro en décembre dernier, ce dossier n’a pas bougé. Je sais que le président de la MFA a cherché à me rencontrer et j’espère que ce sera chose faite cette semaine. Je crois que les choses va se faire dans le consensus afin de ne pas créer des précédents», a laissé entendre Devanand Ritoo.
A l’heure où nous sommes en plein débat sur le cas de la Fédération mauricienne de Natation et l’organisation du congrès de la FIFA en 2013, il va sans dire que les nouveaux statuts de la MFA, qu’ils soient adoptés ou pas, vont apporter des nouvelles embrouilles au sein du mouvement sportif. «Au risque de me répéter, je dirai que tout est entre les mains de l’assemblée. C’est à l’assemblée de décider ce qui est bien ou non pour la fédération. A mon avis, chacun aura à prendre ses responsabilités lorsque l’heure du vote viendra», avance le président de la MFA.