Anoop Madhow n’avait pas tort d’avoir dit haut et fort sur l’antenne d’une radio privée il y a deux semaines qu’il était encore légalement le vice-président de la Mauritius Football Association (MFA). Preuve que le représentant de PAS Mates était dans le vrai, l’actuel comité directeur de la MFA avec à sa tête Samir Sobha a réagi illico presto lorsqu’il a eu vent d’une lettre en date du 10 juin 2015, portant la signature de Vinod Persunnoo et Anoop Madhow adressée à deux banques commerciales (MPCB et SBM) et dans laquelle les ex-président et vice-président de la MFA protestent contre le fait qu’ils sont toujours considérés comme les «official signatories» du fait que le «security bond» qu’ils avaient signé depuis octobre 2013 sont toujours pris en considération.
«We have been made to understand juste recently that despite the fact that we no longer sit on the Managing Committee of the Mauritius Football Association (since Octobrer 2013) we are still being considered as official signatories, as the Security Bond prior to October 2013 is still in force», peut-on lire dans la lettre signée Persunnoo-Madhow. Dans ces conditions, les deux ex-membres du comité directeur de la MFA ont demandé, au nom de la bonne gouvernance, aux responsables de ces deux banques commerciales de «disregard the said Security Bond and not to proceed with any financial transaction of the Federation as from now on, unless a new security bond with new signatories has been produced. Its is understood that henceforth we would not held responsible, accountable or liable for any financial shortcomings», poursuivent les auteurs de la lettre, tout en demandant une
considération urgente à leur requête.
Une copie de cette lettre a été envoyée notamment aux ministres de la Bonne Gouvernance, Roshi Bhadain, des Sports Yoga Sawmynaden et au gouverneur de la Banque de Maurice, Ramesh Basant Roi. Un peu moins de deux ans après avoir été installé à la présidence de la MFA par une cour d’arbitrage — soutenu par la FIFA d’un Sepp Blatter au sommet de la corruption — qui est actuellement contesté devant la Cour suprême Samir Sobha n’était jamais parvenu à faire changer les security bonds de la MFA auprès du Registrar of Associations. La raison est fort simple puisque les statuts de la MFA n’étant pas en conformité avec le Sports Act de 2013, le Registrar of Associations ne pouvait reconnaître les changements et considérait de ce fait la MFA comme une fédération illégale.
C’est ainsi que jeudi nous apprenons qu’une délégation de la MFA avec à sa tête Samir Sobha était dans les bureaux de Yogida Sawmynaden avec pour objectif de demander une dérogation. Selon nos informations, le ministre, dans sa sagesse, aurait accordé cette dérogation afin que le Registrar of Associations accepte que la MFA fasse de nouveaux security bonds aux noms de Samir Sobhan, Mustapha Chitbahal, Abdool Reyman Furjun et Barlen Sengayen, en vertu des anciens statuts de la MFA.
La démarche du ministre de la Jeunesse et des Sports n’est ni plus ni moins illégale et constitue même une double faute. Primo: parce que la MFA ne fonctionne plus selon ses anciens statuts qui sont désuets selon la FIFA et que d’après les actuels statuts (article 40) ce sont le président, le secrétaire général et le président de la commission des finances qui sont les signataires pour la fédération.
Secundo, en agissant ainsi le ministre donne une deuxième raison à la MFA de continuer à fonctionner dans l’illégalité la plus totale et donne l’”autorisation à une fédération d’aller à l’encontre d’une loi de la République de Maurice.
Est-ce cela le changement…?