La Mauritius Family Planning Welfare Association renouvellera son conseil d’administration à son assemblée générale annuelle le samedi 7 avril. Dans le cadre de ces élections où environ 350 membres seront appelés à élire un nouveau board, des allégations de « manque de transparence » se font entendre sur les procédures d’admission au sein de l’organisation et au conseil d’administration, qui est présidé par Anoop Madhow et compte une quinzaine de membres.
Depuis la publication par voie de presse de la tenue prochaine de l’AG de la Mauritius Family Planning Welfare Association (MFPWA), des voix discordantes s’élèvent. Parmi, celle de Vinod Seegum, président de la Government Teachers Union (GTU), qui déclare ne pas avoir peur « de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas ». À savoir que des demandes pour devenir membre de l’association seraient « bloquées par le conseil d’administration en place ». La demande faite pour une représentation de ce syndicat sur le board de la MFPWA buterait sur le refus récurrent de celui-ci. M. Seegum en veut pour preuve sa dernière requête en date du 8 août 2011 dans une correspondance adressée à la direction de l’association : « The Executive Council of the GTU humbly suggests the name of Mrs Kavita Ramdeekul, Assistant Secretary to be nominated as a Board Member of the MFPWA. We are certain that the contribution of Mrs Ramdeekul will benefit both the Association and the population at large through its members engaged in the educational field », y est-il écrit.
La réponse de l’association, dit Vinod Seegum, était non seulement négative : « […] there is no vacancy », mais « comme à chaque fois, laconique. Aucune explication n’est avancée pour justifier le refus de la MFPWA. » Ce refus, dit le syndicaliste, est d’autant plus incompréhensible que la GTU avait bien pris soin de rappeler que « […] the union has over the years been a privileged partner of the MFPWA with numerous working sessions and seminars for the teachers ».
Le 19 septembre 2011, la GTU a adressé une lettre au ministre de la Santé Lormus Bundhoo, réclamant son intervention : « It is government policy to introduce Sexual Education in the primary school curriculum in the future and GTU intends to support this crucial move fully. […] It is in this line that the union made a request on 8.8.2011 to the National Executive Committee of the Mauritius Family Planning and Welfare Association to appoint one or few members on the Committee or in the Task Force set up there. The union has been taken aback by the blunt refusal of the NEC of the MFPWA to accept same proposal. » Et de solliciter du ministre « that you urge for more transparency at the NEC level ». Mais après plus de six mois, fustige Vinod Seegum, « le ministère n’a même pas daigné nous adresser un accusé de réception ». À noter qu’un représentant du ministère de la Santé siège au conseil d’administration de la MFPWA.
“Résistance”
Par ailleurs, s’il y a quelques enseignants qui y siègent, ces derniers y sont à titre individuel et non comme représentants de la GTU. Or, son syndicat, dit Vinod Seegum, est un des plus fortement représentés du pays avec quelque 5 000 membres. « La santé reproductive étant un sujet qui touche les 3 500 femmes syndiquées du GTU, il est légitime qu’elles aient voix au chapitre. Mais visiblement ce n’est pas ce que pense le board de la MFPWA. »
Vinod Seegum s’interroge sur cette « rezistans a “vacate” pou fer plas a “new blood” ». Le président de la GTU parle de « gestion opaque » et ne mâche pas ses mots : « Mo pa per pou dir : pena transparans a la MFPWA. Il y a des problèmes de harcèlement. Mett lapo banann ! » Avant de conclure : « Pourquoi tant d’opacité ? La population a le droit de savoir ce qui s’y passe ! »
Pour sa part, cet ancien cadre de la fonction publique, qui souhaite garder l’anonymat, exprime sa frustration de voir ses demandes de membership toujours rejetées. « De par mon passé de syndicaliste et de travailleur social au sein de nombre d’ONG, je pense être en mesure d’apporter encore ma contribution au plan social. » Fort de son statut de fils d’un ancien membre fondateur de la MFPWA, il décide de reprendre le flambeau de son défunt père pour aider à la dissémination de l’information sur le planing parental et la santé sexuelle et reproductive, et adresse une lettre de demande à l’association le 10 novembre 2010.
Une réponse lui parvient le 23 décembre selon laquelle sa « request is kept in abeyance ». À partir de là, il est mis en attente indéfiniment. Le 7 mars 2012, il renouvelle sa demande. Le 24 mars, nouvelle réponse non conluante, l’informant que « your matter has been referred to the Membership Committee and you will be informed accordingly ».
Par ailleurs, selon les informations du Mauricien, Sangeet Joosery, ancien directeur de la MFPWA, a été nommé au conseil d’administration en janvier dernier.
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Anoop Madhow : « Admission à la discrétion du board »
Dans une déclaration au Mauricien ce matin, le président du conseil d’administration de la Mauritius Family Planning and Welfare Association (MFPWA) répond aux allégations de « gestion opaque » et aux critiques contre « le rejet systématique » de demandes d’admission comme membres de l’association.
Anoop Madhow rappelle qu’une telle décision relève du comité directeur : « Le recrutement des membres est à la discrétion du conseil d’administration. Il n’y a pas à discuter. » Interrogé sur les critères d’admissibilité au sein de la MFPWA, le président du conseil d’administration avance qu’il est demandé au candidat d’avoir les compétences voulues pour « donner un coup de main ». Il rappelle que Sangeet Joosery, nouvellement admis, « a du métier sur le plan international » en matière de planning familial.
Quant à la demande du Government Teachers Union (GTU), Anoop Madhow déclare d’abord que cette requête « n’a jamais été présentée devant le comité directeur » pour ajouter ensuite : « En tout cas, je ne m’en souviens pas. » Il annonce enfin que « 14 candidatures ont déjà été reçues pour les 13 sièges à pouvoir aux prochaines élections ».