La Mauritius Family Planning and Welfare Association (MFPWA) travaille actuellement sur un plan stratégique visant à améliorer le taux de natalité dans le pays dans le but de rééquilibrer le taux de remplacement de la population qui est de 1.4 alors qu’il devrait être de 2.1. « Si le taux de fertilité continue de baisser, il aura une grande répercussion par rapport à la démographie, sur notre société elle-même », déclare Vidya Charan, directrice exécutive de la MFPWA, qui vient de lancer le débat sur cette question.
Selon Vidya Charan, environ 30 % de la population sera âgée de plus de 60 ans en 2050. « Si on n’a pas un programme et des services appropriés pour soutenir cette population-là, on aura de gros problèmes », dit-elle. Non seulement par rapport à la pension de retraite, que le pays devra avoir les moyens financiers de payer, « mais aussi si nous n’avons pas assez d’enfants, que ferons-nous de toutes ces écoles et autres infrastructures dans lesquelles l’État a investi depuis des années ». Elle ajoute : « Nous sommes habitués maintenant à l’État Providence. Il nous faut des gens qui travaillent pour soutenir un tel système et tous nos projets futurs. » La directrice exécutive de la MFPWA estime qu’on peut faire appel à la main-d’oeuvre étrangère « mais cela ne sera bénéfique qu’à notre économie ». « Nous avons aussi nos différentes cultures et nos traditions et nos valeurs familiales qui marchent de pair avec l’économie lorsque nous parlons de développement intégré », fait-elle ressortir.
Vidya Charan rappelle que dans les années 50, le taux de fertilité était de 5/6, d’où la campagne de planification familiale pour réduire ce taux afin que les gens puissent sortir de la pauvreté, aient des opportunités pour apprendre et obtenir ainsi des emplois et de pouvoir vivre bien au sein de leurs familles. « L’éducation n’était pas à la portée de tous, le statut de la femme était inférieur à l’homme, il n’y avait pas suffisamment d’écoles, et des maladies affectaient la population », indique-t-elle. Le programme de planification familiale a porté ses fruits, le taux de fertilité a été réduit, ce qui a permis à la femme de se joindre au marché du travail et aider au développement du pays.
De nouveau aujourd’hui, la MFPWA lance le débat sur cette question du taux de fertilité, en demandant maintenant aux couples qui le peuvent et qui ont les moyens d’élever des enfants d’en avoir un ou plusieurs. « Tout le monde a le droit d’avoir des enfants mais le plus important est de les élever convenablement et aussi d’assurer leur développement de manière responsable », conclut-elle.