L’évêque de Maurice fait part de sa préoccupation au sujet du sort peu agréable de nombreux enfants, que ce soit au sein de la famille ou dans d’autres domaines de la vie. Il exprime une certaine indignation en ce qu’il s’agit de la familiarité de certains enfants avec la drogue, en allant même jusqu’à parler de « tragédie humaine ». Dans son message à l’occasion de Noël, Mgr Ian Ernest invite ainsi à la réflexion sur le bien-être des enfants mauriciens. « Que pourrions-nous donc offrir à nos enfants au seuil du 50e anniversaire de notre indépendance pour qu’ils arrivent à s’épanouir au sein des familles ? Sommes-nous prêts à faire de ces enfants des citoyens qui soient heureux et épanouis ? »

D’abord, l’évêque de Maurice a estimé que la situation de la vie familiale dans notre pays est « un aspect de vie qui interpelle », disant ainsi constater « un manque d’égard envers les proches » et qu’une telle situation le préoccupe. « Cela se manifeste par la maltraitance des enfants, la violence conjugale, l’indifférence des adultes quant à leurs responsabilités de transmettre aux plus jeunes ce dont ils ont besoin pour leur développement et leur épanouissement. Au creux de ces réalités qui, très souvent, nous éclaboussent, nous vivons avec le risque d’oublier qui nous sommes et pourquoi nous vivons », dit craindre Mgr Ernest.

S’agissant spécifiquement des enfants, Mgr Ernest dira qu’il y a « beaucoup de choses qui nous poussent à l’indignation » et contre lesquelles il devrait y avoir protestation. « Des débats publics et des études sur le sujet soulignent le manque de sécurité émotionnelle chez nos enfants, le fort prix du divorce et de la cassure familiale, l’effet néfaste de la pauvreté et des dettes sur les enfants et, surtout, l’utilisation des enfants dans le trafic de la drogue synthétique et de la consommation de cette drogue. » Le chef de l’Église témoigne de son expérience récente sur le terrain dans une région touchée par la drogue. « Au cours de cette visite, j’ai compris que de nombreux enfants étaient la proie de personnes sans scrupule. Ces enfants sont des passeurs de drogues. Quel gâchis, la tristesse est grande. Quelle tragédie humaine ! »

L’évêque de Port-Louis égratigne aussi le système éducatif et déplore le fait que des enfants en difficultés d’apprentissage « ne sont pas reconnus à cause d’une faible performance académique ». Et de poursuivre : « Comment faire pour que leurs talents et potentiels soient reconnus ? Les réformes ne suffisent pas… Il nous faut revoir nos attitudes et nos perceptions. » Mgr Ernest est d’avis qu’il faudrait « développer une vision globale pour les 50 ans à venir », plaidant ainsi pour l’élaboration « d’un projet de société à la mauricienne prônant le développement de la personne ». Ce développement, dit-il d’ailleurs, « n’est pas le propre de la politique seulement, mais de toutes les forces vives de notre nation ».

Selon l’évêque de Maurice, la célébration de Noël offre la possibilité « de changer notre attitude envers les enfants » et de renverser les situations peu enviables dans lesquelles ils se trouvent. « L’enfant de Bethléem nous demande que nous résistions avec toutes nos forces à ces situations déshumanisantes. La générosité est un don gratuit de Dieu mais elle peut nous échapper si nous n’y faisons pas attention. »