C’est une messe vibrante et poignante qui a été dite ce midi en la Cathédrale St Louis à Port-Louis. À l’initiative de l’Évêché, une messe a été dite au nom des 11 victimes qui ont péri le samedi 30 mars dans les inondations meurtrières qui ont surtout frappé Port-Louis. En présence du président de la République Kailash Purryag, du Premier ministre Navin Ramgoolam et de son épouse Veena, du leader de l’Opposition Alan Ganoo, de plusieurs ministres et députés, des prêtres catholiques et des représentants d’autres confessions, dont le pandit Ved Gopee et la Pandita Pochraz, ont dit des prières.
Mettant surtout l’accent sur « le grand élan de solidarité national qui a caractérisé le peuple Mauricien en ces jours d’épreuve qui ont suivi les trombes d’eau qui se sont abattues sur le pays samedi dernier, entraînant la mort de 11 de nos frères et soeurs, et le dépouillement quasi total de nombreuses familles, sans parler des dégâts matériels qu’ont connu des commerces, entreprises et institutions », Mgr Piat devait soutenir qu’« il ne sert à rien, pour avancer dans cette réflexion, de se contenter de “name and shame” soit de porter des accusations, ni d’ailleurs de s’ancrer dans une posture de “self defense”. »
Dans son homélie, imprégnée d’exemples bibliques et forte en symbolisme, l’Évêque de Port-Louis devait également faire état de ses interrogations et interpeller État et population : « Si le phénomène des pluies torrentielles est nouveau, le besoin est urgent pour avoir un dispositif nouveau afin d’y faire face. »
Mgr Piat devait  remettre en question les services météorologiques. « On peut s’interroger sur le type de prévision météorologique et d’avertissement auquel la population a droit comme pour les cyclones », devait-il aussi ajouter. Il était également question « des règlements concernant les logements aux abords des rivières et des cours d’eau ». Dans le même esprit, l’Évêque de Port-Louis devait relever que « on doit aussi se poser la question de savoir si notre système de drains (dans les villes, comme le long des axes routiers) est adapté à ces phénomènes nouveaux que sont les pluies torrentielles. »
Après avoir ainsi adressé ses questions à l’État, Mgr Piat s’en est également pris à la population : celle-ci, devait-il déclarer, « doit être sérieusement interpellée sur l’obstruction des drains par les déchets qu’on y jette. Car nous savons maintenant que l’écoulement des eaux est devenu pour nous une question de vie ou de mort ! »
Mgr Piat a beaucoup mis l’accent sur l’élan de solidarité national qui a ponctué les jours suivant les inondations meurtrières : « Cette belle solidarité interreligieuse et interethnique qui s’est manifestée sur le terrain et qui continue encore a fait apparaître les grandes qualités de l’Île Maurice profonde. »
Dans leurs prières, Mgr Ian Ernest, évêque du diocèse anglican, le Pandit Ved Gopee et la Pandita Pochraz ont adressé des messages de réconfort et de soutien aux familles des disparus ainsi qu’à ceux qui ont perdu leurs biens dans le sinistre.
Soulignons que cette messe était dite dans une Cathédrale St Louis bondée et en présence de plusieurs personnalités politiques, dont le président de la République Kailash Purryag, le PM Navin Ramgoolam et son épouse Veena, plusieurs ministres dont Rajesh Jeetah, Mookhesswur Choonee, Hervé Aimée, Sheila Bappoo, entre autres. Le Leader de l’Opposition Alan Ganoo était aussi présent, de même que la députée mauve Ariane Navarre-Marie.