À peine entamée, la saison 2014 a déjà vu passer 24 journées de compétition. À mi-parcours, c’est l’écurie Foo Kune, malgré les turbulences qui l’ont secouée récemment, qui vire en tête avec près de Rs 8M de stakesmoney, soit un million de plus que Gujadhur, son nouveau dauphin.
Même si elle n’a pas remporté de course d’envergure, la casaque jaune et étoiles mauves a su capitaliser sur les courses dites “petites” et les nombreux accessits glanés pour se doter d’une confortable avance chez les écuries. Avec 29 victoires, elle est la formation qui a remporté le plus grand nombre de courses dans cette première partie de saison et n’est devancée que par l’écurie Merven concernant les accessits (92 contre 91). Mais l’état-major de cette écurie sait pertinemment bien que pour être couronné champion, il lui faudra remporter ne serait-ce qu’une classique.
Valeur du jour, son crack Love Struck n’a pas évolué à la hauteur des espérances, alors qu’il avait été spécialement acquis pour faire flotter haut les couleurs de l’écurie dans les grandes courses. Vu la férocité de la compétition à ce niveau, c’est fort probablement sur Roman Manner que reposeront les espoirs de cet établissement. Ce dernier n’a pas fait dans la demi-mesure pour sa première tentative au Champ de Mars en établissant un nouveau class record pour la C1-2 sur 1500m. Sur cette performance, il va sans dire qu’il aura des arguments à faire valoir dans la Princess Margaret Cup et la Coupe d’Or, deux épreuves que l’écurie Foo Kune aura intérêt à ne pas laisser filer, au risque de voir son avance fondre comme neige au soleil. Du reste, le moindre faux pas pourrait profiter à Gujadhur qui, chez l’élite, est on ne peut mieux représentée.
La casaque bleu électrique et écharpe rouge s’est défendue honorablement dans cette première partie de saison avec 25 victoires, dont la Duchesse et des gains de plus de Rs 6,8M. Sa performance prend davantage d’ampleur si on tient en ligne de compte qu’elle a eu à changer de jockey en pas moins de deux occasions. Elle s’est certes attachée les services de fines cravaches dont la dernière en date est Darryl Holland, mais c’est un fait que changer de jockey sur une base régulière peut être un facteur déstabilisateur pour toute écurie, à plus forte raison pour une qui est pleinement engagée dans la course au titre. Fort heureusement, tel n’a pas été le cas pour la plus vieille écurie du turf. Gujadhur, c’est connu, jouera son va-tout dans les courses aux dotations fort importantes dans cette dernière partie de la saison et avec des arguments comme Vettel, Bulsara, Tandragee et à un degré moindre le prometteur Awesome Power peut nourrir des ambitions légitimes.
La course au titre devrait se jouer entre ces deux formations, à moins que Rousset ne vienne jouer les trouble-fête. Longtemps leader puis deuxième, le champion en titre semble marquer le pas actuellement et voit même sa troisième place être menacée par Merven, qui l’a désormais dans la ligne de mire. Mais lorsqu’on regarde de plus près les statistiques de cette formation, on constate que les choses sont plus ou moins dans les normes. À titre indicatif, on note que la bande au tandem Gilbert Rousset-Soodesh Seesurrun occupait la troisième place au classement avec 28 victoires pour des gains de l’ordre de Rs 6,9M à pareille époque la saison dernière. À mi-parcours cette saison, elle est occupe le même rang avec 27 victoires mais pour des gains légèrement inférieurs, soit Rs 6,5M. Si la saison dernière elle s’est montrée la plus forte au sprint final pour remporter son quatrième titre de champion, il serait incongru de l’éliminer d’un trait de plume, d’autant que l’adage veut que les champions ne meurent jamais. Avec Intercontinental et Albert Mooney comme fers de lance chez l’élite et les nouveaux qui devraient dévoiler leur vrai potentiel, l’écurie Rousset a tout les atouts pour rebondir dans la seconde partie de la saison.