Des mots inscrits sur un ticket d’autobus ont peut-être été son passeport pour la poésie. Univers dans lequel Michel Ducasse façonne des vers tendres pour ceux qu’il aime et des mots crus contre la bêtise des autres. Portrait d’un poète qui joue à faire rimer les émotions au rythme des strophes.
Michel Ducasse étudie ses premiers vers dans la langue de Keats, Wordsworth, Shelley. Au mitan des années 70, cet étudiant du collège Royal fait ses gammes poétiques sur un ticket d’autobus Goodlands-Port-Louis. Ce fils de pharmacien est entré en poésie par la chanson française. Happé par les paroles de Brel, Brassens, Ferré, Ferrat. Il entreprend des études de lettres et de sociolinguistique en France pour acquérir suffisamment de connaissances afin de valoriser la langue, alors défendue par le poète Dev Virahsawmy et les chansons de Bam Cuttayen, entre autres.
1980. Le jeune Ducasse est étudiant à Nancy. Il y côtoie nombre de Réunionnais venus effectuer leur cycle tertiaire. Des reliquats de ce temps transparaissent dans les intonations, par moments chantantes, du poète qui, des années plus tard, écrira des paroles pour la voix de Ziskakan, Gilbert Pounia.