2011 aura permis la prise de conscience des enjeux économiques réels par les décideurs qui façonnent le développement et l’avenir, soutient le PDG du groupe Food & Allied dans un message de fin d’année à ses employés. « Des actions appropriées doivent être prises sans plus tarder afin de façonner le futur et empêcher les dérapages destructeurs tels que vécus en ce moment même », affirme Michel de Spéville.
Dans son message, Michel de Spéville affirme qu’« on voyait venir les problèmes liés à “La Crise” depuis fort longtemps ». « Nous vivons une économie virtuelle au niveau mondial : la monnaie a perdu le sens exclusif de sa vocation première en tant que moyen d’échanges. Aujourd’hui, on achète et on vend des devises comme des produits à part entière et la valeur des monnaies ne reflète plus nécessairement la santé économique des pays qu’elle représente. Des masses monétaires sont engagées dans des mouvements spéculatifs sans valeur ajoutée par le travail et l’innovation. Cette forme de capitalisme monétaire est à mon avis en grande partie responsable de “La Crise” dans laquelle a été entraînée l’économie mondiale, surtout l’Europe et les États-Unis d’Amérique. Il convient donc d’espérer que 2011 aura été l’année d’une prise de conscience des enjeux économiques réels par les décideurs qui façonnent le développement et l’avenir. Des actions appropriées doivent être prises sans plus tarder afin de façonner le futur et empêcher les dérapages destructeurs tels que vécus en ce moment même », explique le PDG de Food & Allied.
« Maurice, pays exceptionnel »
Le PDG de Food & Allied souligne d’autre part que l’île Maurice est un pays exceptionnel, un microcosme avec sa population venue de tous les continents et son partage de cultures venues d’ailleurs. « Nous n’avons pas de ressources naturelles mais un peuple d’une grande richesse culturelle, pragmatique, plein de bon sens et conscient des enjeux. La culture démocratique est bien présente et les débats, quelquefois musclés, sont essentiels à l’épanouissement des idées et à la concrétisation des actions. Notre résilience à la crise résulte de cette spécificité mauricienne et aussi de la petitesse relative des problèmes auxquels nous devons faire face. »
Michel de Spéville estime que le développement accéléré des petites et moyennes entreprises (PME) est un élément essentiel à la création d’emplois, au développement et à l’équilibre social. « En dehors des grands axes qui méritent une attention et des moyens spéciaux, l’importance du développement accéléré des PME ne doit pas être sous-estimée. La petite entreprise est la semence du savoir-faire, et souvent le géniteur des grandes entreprises », dit-il.
Le PDG soutient qu’il revient aux politiques de s’assurer que les programmes en matière d’infrastructure soient élaborés et suivis avec rigueur pour stimuler le développement ; l’eau, le transport public, les routes, la production énergétique en sont des éléments essentiels. « On constate, par exemple, une certaine inertie en ce qui concerne des projets qui datent des décennies pour la fourniture d’eau. Au niveau de l’électricité, ne pas être en mesure de répondre à la demande serait un frein sérieux au développement. Il convient donc de prévoir et d’agir, n’est-ce pas la base même d’une bonne gouvernance ? »
Endettement
L’ouverture de centres commerciaux à un rythme accéléré, constate M. de Spéville, soulève toutefois des interrogations. « On peut se demander si l’offre est en harmonie avec la demande car s’il en était autrement, la situation pourrait être difficile pour certains. » Le PDG de Food & Allied tire d’ailleurs la sonnette d’alarme contre la tentation de vivre au dessus de ses moyens. « Attention à l’endettement des ménages et aux contraintes financières qui en résultent entraînant des répercussions au niveau de l’équilibre et de la sérénité familiale. »
M. de Spéville estime qu’au niveau d’une entreprise, la productivité peut être améliorée par la formation et des moyens techniques appropriés. Cependant, poursuit-il, concernant le citoyen mauricien en tant qu’individu, c’est un travail de fond qui doit être fait avec les moyens pédagogiques appropriés afin que la productivité s’insère dans l’ADN du mauricien.
Faisant l’historique de Food & Allied, le PDG du groupe rappelle que le nom même traduit, dès l’origine, sa vocation. « Food & Allied débute alors que le pays manque de devises pour l’importation des biens essentiels dont la nourriture… L’approvisionnement est alors financé par des emprunts au niveau central, par tranches de quelques semaines d’approvisionnement. Des mesures visionnaires et courageuses ont été prises par le gouvernement d’alors et l’île Maurice s’est mise en marche avec détermination », rappelle-t-il.
Food & Allied faisait partie du peloton d’entreprises empreintes de passion et de confiance en l’avenir du pays. À partir d’une toute petite entreprise, des axes de développement variés ont conduit au cours des décennies le groupe à ce qu’il est devenu aujourd’hui, fort de ses diverses composantes. La production de poulets a été le fer de lance ; l’entreprise de base entraînant les activités complémentaires de la filière en amont et en aval.
La consommation totale de poulets à Maurice s’élevait en 1966 autour de 2 000 tonnes par an. Actuellement, elle se situe autour de 36 000 tonnes et le pays est autosuffisant. C’est le même scénario au niveau des produits laitiers : 400 yaourts par jour au départ et aujourd’hui une production annuelle de quelque 14 000 tonnes de yaourts et produits laitiers, qui sont quotidiennement présents dans de nombreux ménages.
Michel de Spéville souligne d’autre part qu’un fleuron du groupe de dimension nationale est les Moulins de la Concorde (LMLC) créés en 1987. « Cette compagnie a considérablement contribué à l’amélioration de la qualité des farines utilisées et, par conséquent, à la qualité du pain et des produits à base de farine. En conséquence le nombre de boulangeries est passé de 60 à l’ouverture de la minoterie en 1989 à environ 160 aujourd’hui. Alors qu’à cette époque la consommation de riz était supérieure à celle de produits à base de farine, la situation aujourd’hui est complètement inversée. » L’apport de la compagnie LMLC au niveau de l’élevage est de quelque 35 000 tonnes de blé utilisées dans l’aliment du bétail.
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Un ravenala : la nouvelle identité visuelle s’impose discrètement
Sans tambour ni trompette, la nouvelle identité visuelle de Food & Allied Group s’impose discrètement dans le paysage mauricien. À l’issue d’un long processus de réflexion c’est ainsi le ravenala « l’arbre-source », qui a été choisi comme nouvelle identité visuelle du groupe.
Si l’on en croit Trait D’Union, bimestriel du groupe Food & Allied, l’image du ravenala a été choisie parce qu’elle symbolise la générosité, le partage et l’autosuffisance. « Arbre généreux, puisqu’il recueille l’eau pour les temps difficiles, le ravenala est fait partie du paysage mauricien, reconnaissable de tous. À son image, les entreprises prennent naissance du même coeur, partagent les mêmes valeurs pour grandir individuellement et se lancer vers des sommets chacune à sa manière. Ses branches constituent un ensemble de valeurs compactes, solides, stables et intrinsèques au Groupe. La réserve d’eau du ravenala illustre notre contribution dans le secteur agroalimentaire. »
Parallèlement au développement d’une nouvelle identité visuelle pour le groupe Food & Allied et afin d’éviter toute confusion avec le nom du groupe et celui de la première entreprise, Food & Allied Industries Ltd, cette dernière est connue à compter de ce mois comme AVIPRO Co Ltd. Cette appellation fait référence à l’aviculture mais aussi au professionnalisme dans ce domaine d’activités. « L’adoption du nouveau nom passe également par une évolution de son logo. Ainsi, tous les éléments visuels de l’ancienne identité visuelle de Food & Allied Industries Ltd ont été repris avec plus de modernité et un adoucissement général de ses formes. »