Le ministre des Affaires Étrangères est intervenu hier après-midi au Parlement sur le Discours-Programme, en l’absence de l’ensemble de l’opposition à l’exception du député Cehl Meeah. Dans un long discours, Arvin Boolell a mis l’accent sur l’importance de consolider davantage la résilience économique du pays face à la crise de l’euro. Un des moyens d’atteindre cet objectif, estime-t-il, est de prendre pleinement avantage de l’accord de migration circulaire, ce qui permettrait au pays de bénéficier de la formation et de l’expérience acquise par sa diaspora à son retour au pays dans quelques années. « India has built its resilience on its diaspora », un exemple de réussite, estime le ministre, que Maurice gagnerait à suivre.
Faisant l’historique de l’économie mauricienne, Arvin Boolell a déclaré que le pays est passé d’une économie agraire à celle de l’industrie cannière pour ensuite évoluer d’ici à 2015 vers une basée sur ses ressources marines dans la perspective de la création d’un Ocean State ainsi que l’ambitionne le Discours-Programme. De l’« overcrowded baracoon », dit-il, le pays est devenu un « showcase » économique. « Nous sommes une référence mondiale dans l’industrie sucrière. Même le Brésil dit avoir appris la technologie sucrière de Maurice », a déclaré le ministre des AE. Cependant, il est d’avis que « nous devons nous réinventer pour développer encore plus de résilience ». Les deux cent-cinquante mesures annoncées par la présidente par intérim, Monique Ohsan-Bellepeau, dans son Discours-Programme, possèdent cette capacité, selon lui, en dépit des menaces que fait peser la crise en Europe, où Maurice exporte plus de 6 % de sa production. Chaque crise, estime-t-il, a été pour Maurice une opportunité de consolider son économie, de la réorienter pour le meilleur, citant les piliers successifs qu’ont été la zone franche textile, puis l’industrie du tourisme. Arvin Boolell a parlé de la convergence de décisions entre la Banque de Maurice et le ministère des Finances et les autres ministères concernés, pour dégager des mesures en vue de mitiger les effets négatifs de la crise de l’euro, notamment celle de demander aux banques commerciales de mettre une ligne de crédit à la disposition des entreprises et de développer davantage notre exchange reserve. Il appelle tous les partenaires à relever leurs manches pour booster la production et améliorer notre compétitivité. On ne peut, dit-il, compter sur des mesures palliatives : « We need audacity to succeed. » À ce chapitre, si Maurice est première en Afrique au Doing Business, deux points noirs subsistent : la logistique et le transport, sur lesquels le pays se doit de trouver les moyens d’améliorer ses capacités.
Soulignant l’importance de la diplomatie économique en cette période de crise mondiale, le ministre des Affaires Étrangères a dit sa déception de la décision des États-Unis, lors du récent Forum 2012 de l’AGOA, de repousser le délai de renouvellement de l’accord de Third Country Fabric, en dépit de l’assurance donnée par la secrétaire d’État américain Hillary Clinton et l’ambassadeur Kirk, le représentant des États-Unis pour le Commerce. En revanche, des perspectives prometteuses se présentent en ce qui concerne l’exploitation des vastes ressources du plateau continental après le récent accord signé entre les Seychelles et Maurice. À ce chapitre, il a évoqué l’intérêt marqué de l’Inde et de la Chine pour l’exploitation économique des polymères.