Intervenant à l’ouverture du Forum mondial sur la migration et le développement (FMMD) pour la société civile ce matin à Pailles, le ministre du Travail a appelé les participants à aider les policy-makers dans leur démarche d’améliorer les conditions de vie des migrants. « Travailler avec nous et pas contre nous car nous avons besoin de vos idées et expériences », leur a dit Shakeel Mohamed.
Selon le ministre du Travail, il est facile de faire des déclarations et des recommandations sur papier, mais très difficile de les adopter. Concernant les travailleurs étrangers à Maurice, Shakeel Mohamed a rappelé qu’il n’y avait que des guidelines à son arrivée à la tête du ministère du Travail. « Je suis venu avec une loi car il était inadmissible de laisser ces personnes vivre dans des dortoirs avec puces et punaises… », a-t-il soutenu précisant qu’il est difficile de faire comprendre cela aux gens.
Selon la loi du pays, a poursuivi Shakeel Mohamed, les travailleurs étrangers ont le droit de se syndiquer, mais la vérité est que peu d’entre eux sont membres d’un syndicat. « Alors que doit-on faire ? » s’est interrogé le ministre. Il a demandé à la société civile d’être constamment un partenaire actif du gouvernement et « pas seulement once in a blue moon ». « Vous avez du travail devant vous », a-t-il dit aux 140 délégués présents depuis ce matin au FMMD.
Le secrétaire financier au ministère des Finances Ali Mansoor a lui aussi parlé de la difficulté de mettre en place une politique de migration, avant d’appeler la société civile à travailler en collaboration avec les gouvernements et à les aider à changer les choses. Cela, en citant une personnalité allemande : « We were hoping to get labour but we ended up getting people. »
Dans une brève allocution, la secrétaire générale de Caritas (Île Maurice) Patricia Adèle Félicité a fait mention des quelque 25 000 étrangers qui travaillent à Maurice, des Mauriciens qui partent chercher de l’emploi ailleurs et des « migrants internes venant de Rodrigues et des autres îles mauriciennes ». L’on a appris à cette session que la société civile a, lors des précédentes FMMD de 2007 à 2011, demandé une meilleure réglementation du secteur de recrutement. Elle a mis en avant plusieurs recommandations concrètes et pratiques à adopter. Elle a obtenu un large consensus sur au moins deux de ces recommandations qui consiste à demander aux gouvernements de réglementer et contrôler plus efficacement les pratiques en matière de recrutement et d’emploi par la création de systèmes d’octroi de licences plus solides et transparentes et à exhorter les gouvernements à collaborer avec les employeurs, les syndicats, entre autres, afin de créer de canaux migratoires plus sûrs, mieux réglementés, adaptés aux marchés du travail et aux besoins de protection et garantissant le regroupement familial. Le FMMD se poursuit cet après-midi et demain.